Un poster du parti salafiste el-Nour au Caire. Photo Odd Andersen/AFP
Les Frères musulmans sont officiellement crédités de 36,62 % des voix et les salafistes, dont ils s’efforcent de se démarquer, les talonnent avec 24,36 % des voix. Une troisième liste islamiste, celle du Wassat, plus modéré, remporte 4,27 % des suffrages. Le Bloc égyptien, principale coalition libérale, a obtenu 13,35 %. Les libéraux, divisés en six listes, atteignent 29,39 % et restent les grands perdants de ce premier tour organisé dans un tiers des gouvernorats et marqué par un taux de participation historique de 62 %.
« Nous saluons le choix du peuple égyptien », a réagi Ahmad Sobea, le porte-parole du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), émanation politique des Ikhwan. « L’Égypte a besoin maintenant que toutes les parties coopèrent ensemble pour sortir de la crise », a-t-il ajouté, en référence à la période de transition marquée par des violences et des impasses politiques. Amr Moussa, ancien secrétaire général de la Ligue arabe et l’un des favoris pour la présidentielle de l’an prochain, a déclaré hier quant à lui que les bons résultats des islamistes montrent que la démocratie est en marche en Égypte près de dix mois après la chute de Hosni Moubarak.
Mais malgré les appels au dialogue, une rude bataille est attendue aujourd’hui et demain au sein du camp islamiste pour la quasi-totalité des sièges attribués au scrutin uninominal, notamment entre les Frères musulmans et les salafistes sur 22 des 56 sièges. Les Ikhwan cherchent par ailleurs à se démarquer de ces nouveaux venus fondamentalistes qui pourraient grignoter leur électorat et perturber d’éventuelles alliances, eux qui se réclament d’un islam « centriste » et « modéré ».
Les libéraux tenteront eux aussi de batailler contre la vague islamiste. Mohammad Hamed, un candidat pour le Parti des Égyptiens libres fondé par le milliardaire copte Naguib Sawiris, a mis en garde les islamistes contre une stricte application de l’islam. « Tout le peuple basculerait dans l’opposition. La plupart des musulmans ne sont pas des extrémistes. S’ils ne ressentent pas encore le danger (du fondamentaliste musulman), ils le ressentiront quand ce sera appliqué », a-t-il affirmé.
La percée des salafistes, plus intransigeants que les Frères musulmans, sème donc la crainte dans les milieux laïcs et coptes. Forts de leur montée en puissance, ces fondamentalistes ont multiplié les déclarations en faveur d’un islam rigoriste, similaire à celui en vigueur en Arabie saoudite. Des prises de position similaires ont provoqué de vives réactions, en particulier sur les réseaux sociaux comme Twitter.
Dans la région, le Hamas s’est réjoui de cette percée des islamistes égyptiens, tandis que plusieurs responsables israéliens ont fait part de leur inquiétude devant la montée de l’islamisme dans les pays arabes, après les victoires du parti Ennahda en Tunisie et du Parti de la Justice et du Développement (PJD) au Maroc. « J’espère que la démocratie l’emportera en Égypte et que ce pays ne deviendra pas un État islamiste extrémiste car cela mettrait en danger toute la région », a affirmé le ministre des Finances Youval Steinitz.
En attendant, le nouveau Premier ministre, Kamal el-Ganzouri, espère que le gouvernement qu’il est en train de former pourra être investi d’ici à mercredi, dans des déclarations rapportées par l’agence officielle MENA dans la nuit de samedi à dimanche.
(Sources : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Tu as probablement raison Anastase...mais que veux tu,j'espère toujours et contre toute raison d'espérer,que la raison l'emportera.Que le peuple egyptien que j'aime tant va se réveiller de ce cauchemar,et redevenir ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être,la peuple le plus charmant du MO,et aussi,faut il le rappeller ,l'un des plus avancé culturellement...il ne mérite vraiment pas çà...ceux qui l'ont amené là par leur incompétence et leur corruption sont vraiment responsables de cet état de fait
13 h 14, le 05 décembre 2011