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Liban - Scandale

La crise de l’électricité en voie de règlement

La nouvelle crise de l’approvisionnement en électricité devrait en principe se résorber aujourd’hui. La « prise en otage » vendredi dernier de la centrale de Zahrani semble en voie de règlement après l’intervention active du Premier ministre et du président du Parlement.
Entamées vendredi dernier à la suite de l’arrêt forcé du fonctionnement de la centrale de Zahrani, les coupures de courant au niveau de l’ensemble du pays devraient diminuer au fur et à mesure que s’agence la reprise des activités de la station de Zahrani, a annoncé l’EDL hier soir.
La suspension des opérations à la centrale de Zahrani avait été décidée, rappelons-le, par les employés eux-mêmes qui ont affirmé avoir reçu des menaces de la part des habitants de la région qui entendaient protester contre le déplacement d’un transformateur d’électricité de la station de Zahrani à celle de Saïda.
Mais quelle qu’en soit la raison, c’est la « logique de la force » et du « sabotage des institutions de l’État » qu’ont dénoncée en chœur plusieurs responsables politiques, d’autant que cette démonstration musclée, vraisemblablement orchestrée, selon plusieurs sources concordantes, par le mouvement Amal, pourrait être politiquement dirigée contre le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, si l’on en croit certaines sources qui insistent pour qualifier la suspension des activités de la station de Zahrani « d’acte subversif commandité par certaines formations politiques ».
Quoi qu’il en soit, c’est un dénouement à l’amiable auquel semblent être parvenues au cours du week-end les différentes formations politiques, avec à leur tête le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du gouvernement, Nagib Mikati. Ce dernier s’est engagé personnellement à fournir à Zahrani un transformateur dans les plus brefs délais.
C’est l’EDL qui a annoncé hier la remise en marche progressive de l’unité de production de Zahrani, « dès 13 heures », quitte à ce que le retour à la normale ait lieu lundi matin, « si entre-temps aucun problème technique ne se déclare suite à l’arrêt forcé et subit du fonctionnement de l’unité de production », souligne le communiqué de l’EDL.
La direction de l’office précise par ailleurs avoir adressé le vendredi 2 décembre un avertissement à la société malaisienne YTL, l’opérateur de Zahrani auquel l’EDL a fait assumer la responsabilité de ce qui s’est passé du fait que « les employés qui ont suspendu le travail relèvent directement de l’opérateur », précise le texte. L’office a ainsi demandé à la société malaisienne de prendre les mesures qu’il faut pour relancer le travail de la station après avoir par ailleurs envoyé deux correspondances, l’une au ministère de l’Intérieur, l’autre au ministère de la Défense, pour solliciter leur soutien sécuritaire en vue de la protection de l’usine et la reprise de son fonctionnement.
Une source de l’EDL citée par l’agence al-Markaziya a précisé à ce propos que cet incident « est le plus dangereux dans l’histoire du pays, du jamais-vu aux pires moments de la guerre civile ». Qualifiant l’opération menée contre la centrale de « défi lancé à la logique de l’État », la source a assuré qu’elle n’a pu avoir lieu sans le soutien de « partis politiques qui ont cherché à imposer par la force leur hégémonie sur un secteur public ».

 La réunion de Msayleh
Le mot d’ordre pour un règlement de la crise a été donné lors d’une réunion qui a regroupé, au bureau du président du Parlement, à Msayleh, les membres de la Fédération des municipalités de Zahrani ainsi que les « forces actives » de la région et un certain nombre de représentants des localités du Liban-Sud, « sur demande de M. Berry », précise le site nowlebanon.
À l’issue de la réunion, les participants ont publié un communiqué dans lequel ils ont annoncé « la suspension de la grève » et la « reprise du fonctionnement » de l’usine. Les participants, qui ont remercié « tous ceux qui ont soutenu leur mouvement revendicatif juste », ont fait part de leur « patience » durant de longues années face à la « distribution inéquitable du courant électrique », dénonçant au passage les promesses non tenues de l’EDL en vue de régler ce déséquilibre.
Selon eux, l’office « n’a pas avancé des explications convaincantes et objectives au sujet du retrait des transformateurs de l’usine vers d’autres localités ». Ils s’en sont également pris à ceux qui ont qualifié leur mouvement « d’acte de sabotage », soulignant avoir espéré obtenir des autorités responsables des réponses à leurs interrogations au lieu d’entendre des accusations politiques dirigées contre « ceux qui ont protégé l’usine durant la guerre de 2006 ».
Et de conclure qu’en réponse à la demande des leaders politiques, et suite à des promesses faites par l’EDL d’installer dès lundi un transformateur dans l’usine de Zahrani, les participants ont souhaité que le syndicat des employés de la station puisse suspendre la grève immédiatement et assurer le retour à la normale.

 Les habitants protestent
L’intermède de l’usine de Zahrani et les coupures de courant ont été relayés au cours du week-end par de nombreuses manifestations qui se sont déroulées dans plusieurs régions du pays en signe de protestation contre la pénurie du courant. À Tripoli, les habitants de Hoch el-Mina ont ainsi bloqué les routes du quartier hier matin à l’aube jusqu’à ce que des membres de partis politiques leur aient demandé de rentrer chez eux, a indiqué la Voix du Liban. Des tirs ont été entendus, ajoute la radio, précisant que les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour mettre fin à l’incident.
Plusieurs localités de Nabatiyeh ont connu des mouvements similaires, les habitants ayant tenté de bloquer les routes principales à l’aide de pneus brûlés dans un sursaut d’indignation contre la coupure totale du courant électrique quatre jours durant dans leurs villages respectifs.
À la manière d’une contagion, la grogne s’est vite propagée s’étendant à plusieurs localités, notamment dans l’Iqlim at-Touffah, Arabsalim et Habbouche. Les participants ont scandé des slogans hostiles à l’EDL, réclamant que les députés de la région interviennent afin de mettre un terme à ce qu’ils considèrent être « une situation sciemment provoquée », soulignant ne plus accepter les arguments de l’office. Dans le cours de l’après-midi, c’est la région de Kfarremmane qui s’est lancée à son tour dans le mouvement de protestation, réclamant la réhabilitation de l’électricité en ces temps d’hiver. Le Parti communiste de la localité a également organisé un sit-in pour exprimer son mécontentement.

 Bassil dénonce un précédent dangereux
Sur le plan des réactions, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, a dénoncé sans les nommer « ceux qui nous mettent des bâtons dans les roues », soulignant que les irrégularités sont commises de la part de toutes les parties en présence, entendre « le financement du TSL, auquel il faut ajouter la suspension du fonctionnement de l’usine de Zahrani », a-t-il dit. Le ministre a ajouté qu’il y a des « tentatives visant à bloquer le projet de l’électricité. Et d’ajouter que ce qui s’est passé à Zahrani » constitue un précédent dangereux.
Le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, qui a accusé ouvertement le mouvement Amal d’être derrière cette mise en scène, a appelé l’État à faire face à cet « acte milicien ». De son côté, le député du bloc du Futur, Ghazi Youssef, a dénoncé l’avènement de « nouveaux périmètres électriques ».
Entamées vendredi dernier à la suite de l’arrêt forcé du fonctionnement de la centrale de Zahrani, les coupures de courant au niveau de l’ensemble du pays devraient diminuer au fur et à mesure que s’agence la reprise des activités de la station de Zahrani, a annoncé l’EDL hier soir. La suspension des opérations à la centrale de Zahrani avait été décidée, rappelons-le, par les employés eux-mêmes qui ont affirmé avoir reçu des menaces de la part des habitants de la région qui entendaient protester contre le déplacement d’un transformateur d’électricité de la station de Zahrani à celle de Saïda. Mais quelle qu’en soit la raison, c’est la « logique de la force » et du « sabotage des institutions de l’État » qu’ont dénoncée en chœur plusieurs responsables politiques, d’autant que cette...
commentaires (3)

Obscurité du Liban au nom des tribus mafieuses confessionnelles est le comble de l 'effritement du pays ou tout se tisse dans le noir . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

09 h 00, le 05 décembre 2011

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Commentaires (3)

  • Obscurité du Liban au nom des tribus mafieuses confessionnelles est le comble de l 'effritement du pays ou tout se tisse dans le noir . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 00, le 05 décembre 2011

  • Nous n'aurons jamais l'électricité tant que les forces politiques en présence s'accusent mutuellement et surtout tant qu'il y aura des gens qui prendront parti pour les uns ou les autres,au lieu de les accuser tous et de les rendre responsables de toute notre misère électricité et autres... Marie Masboungi

    Jacques Masboungi

    03 h 18, le 05 décembre 2011

  • L'EDL dénonce un "défi à la logique de l'Etat". De quel Etat Mme "obscurité du Liban" parle-t-elle ? Il n'ya plus un Etat sur ces rivages. Il y a des maffias, des milices, des chefs de maffias et de milices et tout ce qu'on veut, mais pas un Etat. Et à propos et puisqu'elle en parle, ce non-Etat a-t-il une armée ?

    Halim Abou Chacra

    03 h 00, le 05 décembre 2011

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