Les États-Unis, mais aussi la Chine et l’Inde sont-ils prêts à faire, dès cette année, un pas vers des objectifs contraignants contre le CO2 ? Voilà le signe qu’attend l’Europe avant d’accepter de maintenir en vie Kyoto. Pour le moment, « les États-Unis et l’Inde sont réticents », reconnaissait hier un négociateur européen, remarquant que la Chine le serait moins. « Je suis plutôt confiante que nous allons sortir de Durban en fin de semaine avec probablement les décisions les plus fortes que nous ayons jamais eues pour soutenir l’adaptation », a toutefois indiqué Christiana Figueres, la responsable climat de l’ONU. Le terme adaptation désigne toutes les actions mises en œuvre non pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), mais pour limiter sur le terrain les conséquences du changement climatique.
Après une première semaine de discussions techniques pour cerner les sujets au niveau des négociateurs, quelque 130 ministres et chefs d’État arrivent cette semaine en Afrique du Sud pour arbitrer les choix et écrire l’accord qui doit être conclu au dernier jour de la conférence, vendredi. Pour tenter de redynamiser des négociations climatiques à la peine depuis la déception du sommet de Copenhague, fin 2009, et dont le contenu ne garantit pas, à ce jour, de pouvoir contenir la hausse du thermomètre mondial sous le seuil des 2°C, les Européens tentent un coup de poker à Durban. Contrairement au Japon, à la Russie ou au Canada, les pays européens se disent prêts à souscrire une nouvelle période d’engagements dans le cadre du protocole de Kyoto. Ils permettraient ainsi de garder vivant le seul traité imposant des objectifs de réduction de gaz à effet de serre à une quarantaine de pays industrialisés, à l’issue de la première période qui se termine fin 2012.
Ce geste est réclamé par les pays en développement, au nom de la responsabilité historique des pays industrialisés dans le réchauffement, même si ce traité couvre désormais moins de 30 % des émissions globales car il ne fixe d’engagements ni aux États-Unis ni aux grands pays émergents dont la Chine. En contrepartie, l’Europe exige plus que jamais une « feuille de route » qui établirait les principes et un calendrier vers un nouveau traité qui, vers 2020, fixerait des objectifs contraignants à l’ensemble des pays. En début de semaine, les États-Unis ne s’étaient pas montrés beaucoup plus favorables à cette « feuille de route ». Dans une arène où l’influence est souvent proportionnelle à la quantité de CO2 émis dans l’atmosphère, une inflexion venue de Chine, premier émetteur mondial devant les États-Unis, pourrait toutefois dessiner la voie d’un accord.
(Source : AFP)


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