Des manifestants portaient le drapeau de Jamaat el-Dawa (JD), groupe islamiste pakistanais, lors des rassemblements hier.Photo Arif Ali/AFP
Cette décision constitue une nouvelle mesure de rétorsion du Pakistan à l’encontre des Occidentaux après le blocage, toujours en cours sur son territoire, des camions de ravitaillement de la force internationale de l’OTAN en Afghanistan (ISAF), sans compter l’annonce d’une révision de la coopération antiterroriste avec les États-Unis et l’ordre donné aux Américains d’évacuer une base militaire qu’ils utilisent dans le Sud-Ouest. Sauf que cela ne handicape pas particulièrement Washington, puisque ses raids de drones contre des insurgés islamistes au Pakistan pourront être menés à partir de l’Afghanistan.
Les réactions se sont vite multipliées. La chancelière allemande Angela Merkel s’est ainsi dit « très affligée » par l’annonce du boycott pakistanais, tout en espérant pouvoir encore convaincre Islamabad de « revenir sur cette décision ». Le gouvernement afghan, qui entretient des relations houleuses avec son voisin, a lui aussi appelé ce dernier à ne pas bouder la conférence, jugeant sa participation « importante ». Quant au principal intéressé, Washington, il a assuré qu’il est « dans l’intérêt du Pakistan » de participer à cette conférence : « Le Pakistan a un rôle essentiel à jouer dans la recherche de la paix chez son voisin. C’est une conférence sur l’avenir de l’Afghanistan, sur l’ébauche d’un Afghanistan plus sûr et plus prospère dans sa région, c’est pourquoi il est tout à fait dans l’intérêt du Pakistan de participer à la conférence », a martelé Mark Toner, un porte-parole du département d’État. Mais malgré les questions, M. Toner s’est abstenu de dire si Washington « regrettait » l’annonce pakistanaise. « Une façon d’indiquer qu’à six jours de la conférence, tout n’est pas encore joué », a pour sa part estimé hier l’administration américaine.
Et pour la quatrième journée consécutive, des manifestations contre l’OTAN ont rassemblé quelques centaines de personnes hier dans le pays, notamment à Multan (centre) et dans le Cachemire (Nord-Est), où des manifestants ont brûlé une effigie du secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen et se sont dit « prêts à la guerre sainte » contre les Américains.
(Source : AFP)

