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Moyen Orient et Monde - Bavure

Islamabad hausse le ton contre Washington

Le Pakistan a haussé le ton vis-à-vis de son allié américain hier, deux jours après la bavure de la force de l’OTAN qui a tué 24 de ses soldats et dont les circonstances exactes restent mystérieuses, chaque camp accusant l’autre d’avoir provoqué l’incident.
Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani, d’ordinaire mesuré, a reproché aux Américains de placer une fois de plus son gouvernement en position délicate face à une opinion publique déjà très antiaméricaine, faisant ainsi le lit des radicaux. « Vous ne pouvez gagner aucune guerre sans le soutien des masses, et nous avons besoin d’eux, (or) ce genre d’incident les éloignent », a-t-il souligné. Islamabad a également fait part aux États-Unis de sa volonté de réviser leur coopération dans la lutte antiterroriste.
Le président des États-Unis Barack Obama a estimé de son côté que la mort des 24 soldats pakistanais est « une tragédie », insistant sur l’importance de maintenir des liens entre Washington et Islamabad. Les analystes estiment sur ce point que cette nouvelle crise ne devrait pas remettre en cause le mariage de raison entre Washington et Islamabad, les Américains restant soucieux de ne pas jeter de l’huile sur le feu pour ne pas risquer de voir un jour l’arsenal nucléaire pakistanais tomber aux mains d’extrémistes, et les Pakistanais souhaitant de leur côté continuer à percevoir l’aide américaine.
Notons que la force de l’OTAN en Afghanistan (ISAF), comme les États-Unis qui la dirigent, se sont efforcés depuis samedi d’arrondir les angles après qu’Islamabad eut en représailles décidé de bloquer le transit sur son territoire du ravitaillement destiné aux Occidentaux en Afghanistan, vital pour eux. Mais alors qu’une enquête de l’ISAF est en cours, le journal américain Wall Street Journal, citant des responsables afghans et occidentaux anonymes, a lancé un pavé dans la mare hier affirmant que les soldats pakistanais avaient d’abord ouvert le feu, provoquant l’attaque de l’OTAN. Ni Kaboul, ni l’ISAF, ni Washington n’ont confirmé ces accusations.
Sur le terrain, pour la troisième journée consécutive, quelques manifestations antiaméricaines limitées ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du Pakistan, demandant au gouvernement de mettre fin à son alliance avec Washington.
Finalement, sur le plan diplomatique, la Chine, alliée-clé du Pakistan et considérée comme le principal contrepoids à l’influence américaine dans la région, s’est déclarée hier « profondément choquée » par le bombardement de l’OTAN et a réclamé une enquête. Peu après, Moscou a fait de même, appelant à « une enquête méticuleuse ».
(Source : AFP)
Le Pakistan a haussé le ton vis-à-vis de son allié américain hier, deux jours après la bavure de la force de l’OTAN qui a tué 24 de ses soldats et dont les circonstances exactes restent mystérieuses, chaque camp accusant l’autre d’avoir provoqué l’incident. Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani, d’ordinaire mesuré, a reproché aux Américains de placer une fois de plus son gouvernement en position délicate face à une opinion publique déjà très antiaméricaine, faisant ainsi le lit des radicaux. « Vous ne pouvez gagner aucune guerre sans le soutien des masses, et nous avons besoin d’eux, (or) ce genre d’incident les éloignent », a-t-il souligné. Islamabad a également fait part aux États-Unis de sa volonté de réviser leur coopération dans la lutte antiterroriste.Le président des...
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