Rappelons que les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada avaient adopté lundi de concert de nouvelles sanctions contre les secteurs bancaire, pétrolier et pétrochimique de l’Iran à cause de son programme nucléaire controversé. Le ministère français des Affaires étrangères a écarté hier, pour le deuxième jour consécutif, plusieurs questions sur le montant des avoirs possédés en France par la Banque centrale iranienne, dont Nicolas Sarkozy a demandé lundi le gel « dès à présent ».
Rétorsion diplomatique contre Londres
De son côté, le Parlement iranien a engagé hier une procédure d’urgence pour voter une loi en vue de réduire les relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne. Le texte préparé par la commission des Affaires étrangères iranienne prévoit que le ministère des Affaires étrangères réduise « dans un laps de temps de deux semaines les relations avec la Grande-Bretagne au niveau de chargé d’affaires et limite les relations économiques et commerciales au minimum », selon l’agence Fars. Intervenant devant le Parlement, le président de cette commission, Allaeddine Boroujerdi, a demandé au ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, d’ « expulser l’ambassadeur britannique en tenant compte de la politique hostile de la Grande-retagne à l’égard de l’Iran ». Lors du vote, les députés ont crié « mort à la Grande-Bretagne ».
Signalons que Londres a annoncé la rupture de tous les liens entre le secteur financier britannique et les banques d’Iran. Réagissant aux sanctions britanniques, le président de la Banque Centrale iranienne, Mahmoud Bahmani, les a minimisées soulignant que « les relations financières avec la Grande-Bretagne, en particulier avec la Banque centrale, sont (déjà) coupées ».
La Russie a jugé de son côté « inacceptables » les nouvelles sanctions américaines et a été suivie dans sa désapprobation par la Chine.
Par ailleurs, selon un sondage de l’Université Quinnipiac publié hier, un Américain sur deux est pour une action militaire contre l’Iran si les sanctions économiques visant à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire échouent.
Signalons enfin que le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a prévenu que « les efforts (de Téhéran) pour développer des capacités nucléaires, qui lui permettraient dans l’avenir de posséder des armes nucléaires, représenteraient une menace claire pour la sécurité et la stabilité de la région ».
(Source : AFP)

