Le roi de Bahreïn Hamad ben Issa al-Khalifa aux côtés du président de la commission, Chérif Bassiouni. Adam Jan/AFP
Le rapport a en outre indiqué que 35 personnes, 30 civils et 5 membres des forces de sécurité, avaient trouvé la mort lors des troubles, alors que les autorités avancent le chiffre de 24 morts, dont 4 policiers. Parmi les civils morts, cinq sont décédés sous la torture, selon le texte.
La commission a par ailleurs fait état de « preuves que des sunnites ont été la cible (...) d’humiliations, d’agressions physiques et d’attaques contre leurs biens ». Alors que les autorités ont vu dans ce mouvement de contestation la main de Téhéran, M. Bassiouni a affirmé que « les preuves soumises à la commission (...) n’ont pas montré un lien clair entre les événements à Bahreïn et un rôle de l’Iran ». Rappelons que Téhéran avait vivement critiqué le déploiement à Bahreïn d’unités de la force conjointe des monarchies du Golfe, le « Bouclier de la péninsule », notamment saoudiennes, venues épauler les forces bahreïnies pour venir à bout du mouvement de contestation. Mais la commission a innocenté les troupes du Golfe, affirmant qu’elle n’a « relevé aucune preuve de violations des droits de l’homme, liées à la présence d’unités de la force du bouclier déployées depuis le 14 mars à Bahreïn ».
Le gouvernement de Bahreïn a annoncé « accueillir favorablement les résultats de l’enquête » de la commission indépendante et « reconnaître ses critiques », alors que le roi promettait des « réformes » pour « réaliser l’entente nationale ». « Nous allons mettre en place et appliquer des réformes de nature à satisfaire toutes les composantes de notre société », a ainsi déclaré Hamad ben Issa al-Khalifa. Concernant les actes de torture, le roi a « regretté d’apprendre que cela s’est effectivement produit ». Il a par ailleurs accusé l’Iran « d’avoir contribué à attiser le confessionnalisme » dans son pays. « C’est une ingérence flagrante et inacceptable dans nos affaires internes », a-t-il ajouté. Il a accusé Téhéran de mener une campagne médiatique antibahreïnie, « qui constitue un défi non seulement pour la stabilité et la souveraineté de notre pays, mais aussi pour la sécurité et la stabilité de tous les États du Conseil de coopération du Golfe ».
Mais l’opposition ne l’entend pas de cette oreille, al-Wefaq affirmant dans un communiqué que « le rapport a confirmé des violations systématiques, graves et délibérées (...) ce qui signifie que le gouvernement actuel qui a commis ces crimes doit être limogé et un gouvernement de salut national mis en place ». Ce nouveau gouvernement devrait « gérer une période de transition durant laquelle des réformes politiques sérieuses devraient être introduites et une transition démocratique devrait avoir lieu », ajoute le texte.
Les États-Unis ont salué de leur côté cette publication et les réformes promises comme « une chance historique » pour cette monarchie du Golfe.
Notons que cette publication est intervenue alors que des heurts ont opposé hier matin des manifestants aux forces de l’ordre dans des villages chiites autour de Manama. Un homme a trouvé la mort dans un accident à Aali, où la police dispersait à l’aide de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc des protestataires répétant des slogans hostiles à la monarchie. Selon Nabil Rajab, un militant de l’opposition, la victime, Abdel Nabi Kadhim, se trouvait dans sa voiture quand la police l’a poursuivi, et sa voiture a heurté un mur. Le ministère de l’Intérieur a affirmé que l’homme était mort dans un accident de voiture et qu’une enquête était en cours. Des affrontements ont également eu lieu dans la localité de Sitra, où les habitants protestaient contre la mort vendredi d’un adolescent, heurté par un véhicule de la police.
(Source : AFP)

