Guy Makki, membre de l’UMP, mène aujourd’hui sa campagne sans étiquette.
D’origine libanaise, celui qui se considère comme « un homme de terrain » déplore un manque de représentativité des expatriés français : « Il existe une véritable identité des Français de l’étranger trop peu mise en avant. Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone. » Le candidat reproche à l’UMP le choix de son secrétaire d’État aux Français de l’étranger, Édouard Courtial, nommé depuis septembre : « L’UMP nous fait un cadeau en créant un tel secrétariat, mais le secrétaire d’État choisi n’est pas apte à nous représenter », évoquant ainsi le scandale de la proposition de loi faite par onze députés à l’Assemblée nationale en mai 2011*.
Mais pourquoi un membre de l’UMP se présente-t-il comme candidat indépendant ?
« En 2006, je n’ai pas obtenu l’investiture de l’UMP pour l’élection des conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger, mais j’ai tout de même été élu », lance Guy Makki. Aujourd’hui, il continue donc seul la course à la députation car « l’homme compte plus que le parti politique ».
Parmi les thématiques chères au candidat, le combat pour l’école gratuite à l’étranger. « L’Assemblée des Français de l’étranger a déjà obtenu un abaissement des tarifs, mais il faut continuer le combat. » Guy Makki travaille également depuis trois ans sur ce qu’il appelle « le droit de retour ». Par cela, il entend aider les expatriés qui retournent vivre en métropole, notamment en cas de départ forcé et précipité. « Je considère qu’il ne faut jamais laisser un Français à l’étranger en détresse », clame le candidat. Il insiste en outre sur la nécessité de réformer le réseau consulaire afin de faciliter les démarches administratives. Enfin, ce francophile revendique l’importance de l’apprentissage du français à l’étranger et regrette la montée de l’anglophonie au Liban.
Bien qu’habitant aux Émirats arabes unis depuis 1997, cet homme sans étiquette pour ces élections se dit très proche des Français expatriés et souhaite défendre leur identité. « Les Français de l’étranger sont une force politique nouvelle. Il faut prendre en compte leurs
revendications. »
* Le 11 mai 2011, 35 députés émettent une proposition de loi à l’Assemblée nationale. Celle-ci ouvre la voie à la perte de nationalité pour les citoyens non domiciliés fiscalement en France. Élaborée dans un premier temps pour lutter contre l’évasion fiscale, la proposition crée une polémique et est aussitôt abandonnée. Parmi les députés signataires se trouvait Édouard Courtial, aujourd’hui secrétaire d’État aux Français de l’étranger, qui par la suite retirera sa signature et s’excusera auprès de ses compatriotes de l’étranger lors de sa prise de fonctions.


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