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Culture - Exposition

Zena Assi rêve... assise

En collaboration avec la vidéaste et sculptrice Amandine Brenas, Zena Assi présente sa vision renouvelée de l’aspect urbain de la cité qui l’habite et qui s’affiche jusqu’au 25 novembre à la galerie Alwane*.

Une ville endormie qui s’anime.

«Les souvenirs que l’on a d’un moment de sa vie sont partiels, tronqués, et lorsqu’on regarde un album photos, les souvenirs viennent dans le désordre avec des sauts dans le temps» disait Chris Marker.
Qu’est-ce que la mémoire sélective? Est-elle juste un filigrane ou contribue-t-elle à la mémoire collective d’un pays? D’autre part, que retient-on de ces images qui traversent une vie et peut-on les exprimer, en témoigner? Depuis que Zena Assi est entrée «en peinture» après un master de publicité à l’ALBA, l’artiste utilise plusieurs supports et médias afin d’explorer et archiver les changements socioculturels de son pays. Une démarche qu’elle renouvelle et enrichit depuis des années.
Ainsi, si l’artiste a déjà travaillé sur ce thème qui l’habite profondément, voire sa vision «urbaine» de la ville de Beyrouth, le sujet a fortement évolué en charriant des émotions nouvelles. Un travail, certes, toujours contemplatif, mais qui met en évidence ces personnages en les sortant de leur cadre.
Grâce à Amandine Brenas, vidéaste et sculptrice, qui a adhéré très vite au projet, les peintures de Assi s’animent, vivent et acquièrent une troisième dimension. «Ce travail réalisé à quatre mains, avoue Brenas, a été le fruit d’une grande complicité, puisque nous avons toutes les deux choisi les modèles, sélectionné les poses, les croquis, pour enfin leur insuffler cette autre vie.» Les personnages grand format à la structure métallique mais à la peau charbonneuse témoignent de la pesanteur de tous les jours.

Une ville qui s’endort...
Ces personnages, plus particulièrement des jeunes, traversent toujours son espace pictural; l’air désabusé, ils s’intègrent dans une ville animée, surpeuplée et aux couleurs grisâtres. Aujourd’hui, ils sont toujours là, mais assis. Ils se confondent avec leur ville au point de se fondre l’un dans l’autre. «Ce n’est plus une vision oppressante de noirceur que j’essaye de projeter, signale Assi. On n’y lit même plus l’agressivité omniprésente, mais plutôt une certaine léthargie, une stagnation, limitrophe d’une certaine sérénité.»
État des lieux? Probablement. À travers cette double exposition en toiles et en sculptures, Zena Assi s’est interrogée, avec Amandine Brenas, sur ce qu’on retient et ce qu’on rejette comme images au cours d’une vie.
Personnages figés dans le temps, végétation se confondant avec l’urbain, pépites de poussière dans lesquelles baigne la ville – «je pose mes toiles sur le sol et les piétine pour obtenir ce résultat» dit Zena Assi. Autant d’impressions et d’images vécues qui témoignent du charivari de Beyrouth la monotone.
La ville s’alourdit de grisaille, les arbres décharnés – «j’aime leurs troncs, leurs structures» ajoute l’artiste – ressemblent aux pylônes qui la peuplent et les bouquets de fleurs ne sont plus qu’un magma de couleurs confuses. Désordre de sensations sous cette vision onirique et sublime d’un Beyrouth atone.

* Alwane, Saïfi. Tél. : 01/975250. Tous les jours de 11h à 19h.
«Les souvenirs que l’on a d’un moment de sa vie sont partiels, tronqués, et lorsqu’on regarde un album photos, les souvenirs viennent dans le désordre avec des sauts dans le temps» disait Chris Marker. Qu’est-ce que la mémoire sélective? Est-elle juste un filigrane ou contribue-t-elle à la mémoire collective d’un pays? D’autre part, que retient-on de ces images qui traversent une vie et peut-on les exprimer, en témoigner? Depuis que Zena Assi est entrée «en peinture» après un master de publicité à l’ALBA, l’artiste utilise plusieurs supports et médias afin d’explorer et archiver les changements socioculturels de son pays. Une démarche qu’elle renouvelle et enrichit depuis des années.Ainsi, si l’artiste a déjà travaillé sur ce thème qui l’habite profondément, voire sa vision «urbaine» de la...
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