L’opération policière a commencé un peu après 01h00 du matin (06h00 GMT). L’accès du square était interdit, y compris à la presse, et le quartier bouclé. La police a diffusé par haut-parleur un message enregistré, invitant les manifestants à retirer leurs tentes et leur matériel. « Tout doit être enlevé immédiatement. Si vous refusez d’enlever vos tentes et de partir, vous serez sujets à arrestation. Une fois que tout aura été enlevé, vous pourrez revenir. »
Vers quatre heures du matin, la plupart des campeurs avaient quitté le square quand la dernière tente a été enlevée. Il ne restait plus qu’un petit groupe, encerclé par d’importantes forces de police et qui a fini par partir. Une des manifestantes, hagarde, brandissait un drapeau américain. « Nous avons fait une chaîne humaine, mais nous ne voulions pas de violence », a expliqué Mia Costa, 22 ans. « Cela ne fait que commencer », a-t-elle ajouté, alors que sur les réseaux sociaux, les manifestants tentaient de trouver un nouveau point de ralliement.
À deux rues du square, derrière des barrières métalliques, plusieurs centaines de personnes bloquées par la police s’étaient massées vers 02h00 du matin pour dénoncer l’expulsion des manifestants et scander des slogans hostiles au maire Michael Bloomberg. « Nous sommes les 99 % », « police, protège les 99 % », scandaient les manifestants. « Le monde regarde », criaient certains. « C’est une protestation non violente. » La tension était donc palpable, mais aucun incident grave n’a été reporté.
Des dizaines d’employés municipaux ont déversé les tentes, sacs de couchage et autres objets appartenant aux manifestants dans de grandes bennes. Plusieurs camions poubelles étaient garés sur place. Les protestataires avaient en effet installé un véritable village de toile sur le square, avec cuisine, bibliothèque, infirmerie, et même un centre de distribution de vêtements chauds.
Occupy Wall Street, à l’origine du mouvement qui s’est ensuite propagé dans d’autres villes américaines, dénonce la cupidité du monde de la finance et les inégalités. Cette opération policière intervient après celles menées contre d’autres campements similaires aux États-Unis, dont celui d’Oakland lundi en Californie et celui de Portland, dans l’Oregon (Nord-Ouest), dimanche.
Les manifestants de New York avaient prévu une journée de protestation jeudi, date anniversaire des deux mois du mouvement. Ils avaient notamment l’intention d’occuper la Bourse de Wall Street. Hier matin, ils semblaient plus déterminés que jamais, en dépit de leur éviction du square Zuccotti.
En milieu de matinée, ils ont donc tenu une assemblée générale dans un autre espace public du sud de Manhattan, selon des journalistes. Puis, en fin de matinée, le mouvement a annoncé que plusieurs centaines de manifestants retournaient au square Zuccotti, pour faire respecter l’ordre d’une juge qui a temporairement « gelé » la mesure d’expulsion. Mais ils n’ont pas pu pénétrer dans le square entièrement nettoyé. Le maire Michael Bloomberg avait pourtant annoncé que les manifestants pourraient revenir une fois le parc entièrement nettoyé, mais a précisé qu’ils devraient en respecter les règles qui interdisent les tentes et sacs de couchage.
(Source : AFP)

