M. Mikati a présidé hier une réunion élargie consacrée à la lutte contre la corruption. Photo Dalati et Nohra
La réunion s’est tenue en présence, du ministre d’État pour la Réforme administrative, Mohammad Fneich, des ministres de la Justice, Chakib Cortbawi, et de l’Intérieur, Marwan Charbel, du député Ghassan Moukheiber, en sa qualité de président de l’Organisation des parlementaires arabes contre la violence, du président par intérim du Conseil supérieur de la magistrature, Saïd Mirza, des présidents de la fonction publique, Khaled Kabbani, de l’Inspection centrale, Georges Awad, du procureur général par intérim près la Cour des comptes, Bassam Wehbé, et du directeur régional du PNUD, Arkan Seblani.
Au cours de la réunion, M. Mikati a assuré que le principe de « la récompense et de la punition ne peut être appliqué que selon les normes de la justice et de la dignité, sans esprit de vengeance ou rancune ».
« La lutte contre la corruption ne se limite pas aux administrations publiques, mais englobe toutes les institutions de l’État, les organismes de contrôle et les responsables des secteurs productifs et des ONG », a-t-il poursuivi, avant d’insister sur le fait que cette entreprise « ne peut pas non plus être l’apanage d’une seule partie, mais nécessite la collaboration de tout le monde ». « Dans cette optique, il ne faut pas que certains se sentent concernés par ce projet et que d’autres se dérobent à leurs responsabilités pour des considérations politiques mesquines. Les inconvénients de la corruption concernent aussi bien les loyalistes que les opposants et minent tous les fondements de l’État », a poursuivi le Premier ministre, avant de mettre l’accent sur le fait que « la lutte contre la corruption nécessite un plan complet, que le gouvernement établira en coopération avec toutes les parties, car l’important est de parvenir à des résultats effectifs que l’on pourrait atteindre grâce à une conjugaison des efforts de tous ».
Les nominations
Rappelant qu’il s’était engagé auprès de l’opinion publique à ne pas couvrir les contrevenants, M. Mikati a indiqué que les nominations administratives seront poursuivies prochainement, et qu’il « essaiera de les tenir à l’abri du clientélisme et du principe du partage des parts, en tenant compte des exigences de l’entente nationale et du droit des communautés ».
« Le gouvernement ne protégera pas ceux qui couvrent le chaos au sein des administrations, et les organismes de contrôle sont invités à assumer leur devoir, surtout que leur responsables jouissent de l’immunité qui leur permet de remplir leur rôle de manière neutre et impartiale », a-t-il encore affirmé. Par la suite, M. Fneich a annoncé la formation prochaine d’une commission ministérielle, précisant que des représentants des différents ministères seront nommés pour suivre le dossier. De son côté, M. Cortbawi a indiqué que les mesures pratiques qui seront prises ne seront pas nécessairement rendues publiques « pour qu’on ne nous reproche pas de parler sans agir, alors que nous escomptons le contraire ».
M. Moukheiber a insisté sur la nécessité de « mener une guerre intelligente contre la corruption car les corrupteurs sont toujours plus intelligents que ceux qui les combattent », avant de mettre aussi l’accent sur l’importance d’une collaboration du Parlement et d’une révision des lois qui contiennent des lacunes.
M. Seblani a souligné l’importance de l’initiative du gouvernement en relevant cependant que c’est son application qui compte en définitive.
Plus tard dans la journée, le Premier ministre a reçu une délégation du mouvement Hamas, présidée par Ali Baraka, qui lui a remis un message du chef du bureau politique du mouvement, Khaled Machaal, sur le dossier de la réconciliation palestinienne.
Il a par ailleurs passé en revue avec le ministre de l’Environnement les activités de son département.


Sans armes ? Anastase Tsiris
03 h 23, le 15 novembre 2011