Après avoir reçu toute la journée des délégations politiques, il a annoncé devant la presse que les Italiens devront faire « peut-être des sacrifices », une fois qu’il aura prêté serment et lancera son programme. D’autres consultations avec les partis politiques et avec les partenaires sociaux sont prévues aujourd’hui. Elles se termineront par la présentation par M. Monti d’une liste restreinte, sans doute d’une douzaine de ministres, au chef de l’État, Giorgio Napolitano.
Le Premier ministre désigné, surnommé parfois le « cardinal » pour sa prudence, devrait constituer une équipe comprenant surtout des technocrates, même s’il a souligné qu’il aimerait y inclure des « politiques ». Le nouveau gouvernement doit durer jusqu’en 2013, date des prochaines législatives, a-t-il en outre estimé.
Selon le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, le nouveau gouvernement obtiendra la confiance du Parlement d’ici au vendredi. M. Monti s’est engagé, une fois entré en fonctions, à travailler dans l’urgence et dans le but que l’Italie « redevienne protagoniste » en Europe.
La grande inconnue reste la longévité de son équipe. Le président Napolitano voudrait éviter des élections anticipées, car l’Italie doit placer d’ici à avril 2012 pour 200 milliards d’euros d’obligations d’État.
Mais bravade ou volonté d’éviter une explosion de son parti, Silvio Berlusconi a averti que sa formation PDL, la plus grande à la Chambre des députés avec plus de 200 sièges, pouvait « retirer son soutien à n’importe quel moment » à M. Monti. M. Berlusconi, chargé des affaires courantes jusqu’à la prestation de serment du futur gouvernement, pourrait utiliser sa capacité de nuisance si par exemple le gouvernement Monti entreprenait aussi de réviser la loi électorale.
Sur le plan économique, M. Monti devrait rapidement annoncer un nouveau tour de vis budgétaire, comme le demande l’UE. Il pourrait notamment rétablir la taxe foncière sur la résidence principale abolie par M. Berlusconi et mettre en place un impôt sur la fortune, auquel le Cavaliere s’est toujours opposé.
(Source : AFP)

