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Moyen Orient et Monde - Italie

Après le show-off Berlusconi, la discrétion et la prudence Monti

Le très respecté nouveau président du Conseil affirme que Rome peut vaincre la crise.

Un artiste napolitain fignolant déjà le santon de Noël à l’effigie de Mario Monti. La tâche qui attend le successeur de Silvio Berlusconi est titanesque : l’Italie est au bord de l’asphyxie financière. Andrea Baldo/AFP

À peine chargé de succéder au chef du gouvernement Silvio Berlusconi, l’ex-
commissaire européen Mario Monti, 68 ans, s’est déclaré hier soir convaincu que l’Italie « peut vaincre » la crise de la dette grâce à « un effort collectif ».
« Je remercie beaucoup le président pour la confiance qu’il m’a accordée (...) dans un moment de difficulté particulière pour l’Italie », a-t-il ainsi déclaré lors d’une brève intervention devant la presse après avoir reçu ce mandat du président de la République Giorgio Napolitano. « Le pays doit redevenir un élément de force, non de faiblesse, dans une Union européenne que nous avons contribué à fonder », a-t-il ajouté, peu avant d’être applaudi par la foule à sa sortie du palais présidentiel.
La nomination de cet économiste très respecté intervient à point nommé pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux avant l’ouverture des marchés boursiers ce matin, d’autant plus que cette journée sera marquée par une nouvelle émission obligataire faisant figure de test.
Dans un message télévisé diffusé au moment même où son successeur en puissance était convoqué au palais présidentiel, Silvio Berlusconi s’est dit « prêt à favoriser les efforts du président pour donner immédiatement au pays un gouvernement au profil technique ». Avant d’ajouter aussitôt qu’il « redoublerait son engagement au Parlement et dans les institutions pour rénover l’Italie », signe qu’il n’est prêt à prendre sa retraite politique. « Je ne me rendrai pas tant que je n’aurai pas rénové l’architecture de l’État », a affirmé M. Berlusconi, qui a passé dix ans au pouvoir en 17 ans de vie politique. Plus tôt dans la journée, le Cavaliere s’était dit « fier » de son action pendant la crise économique et avait déclaré espérer « reprendre le chemin du gouvernement ». Et en début de soirée, tout sourire, il est venu saluer et serrer les mains de centaines de partisans réunis devant sa résidence personnelle, qui l’ont applaudi avec chaleur en criant « Silvio ! Silvio ! ».
Cette omniprésence de M. Berlusconi sur la scène médiatique forme un contraste saisissant avec la discrétion prudente affichée toute la journée par Mario Monti. Il faut dire que la tâche qui attend ce dernier est titanesque, alors que l’Italie est au bord de l’asphyxie financière et croule sous une dette colossale (1 900 milliards d’euros, 120 % du PIB).
Le Parti démocrate (PD, gauche, principal parti d’opposition) a demandé par la voix de son secrétaire Pierluigi Bersani que le gouvernement « soit totalement nouveau, à forte composante technique, et mette l’Italie en condition d’affronter l’urgence ». « Les engagements pris avec l’Europe restent le contenu essentiel du programme de gouvernement », a estimé pour sa part le secrétaire du parti du Cavaliere, le Peuple de la liberté (PDL), Angelino Alfano.
La perspective d’une majorité parlementaire semble donc ouverte pour M. Monti, un homme pondéré au nez toujours chaussé de lunettes, surnommé parfois « le cardinal », qui s’est taillé une réputation de compétence et d’indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), d’abord au Marché intérieur puis à la Concurrence. Il est aussi depuis 1994 président de la prestigieuse université Bocconi de Milan, considérée comme la meilleure faculté d’économie d’Italie et dont il est diplômé.
Ces compétences ne seront pas de trop pour gouverner l’Italie, qui a été placée sous surveillance du Fonds monétaire international, de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne. L’UE, en saluant hier soir la prochaine constitution d’un nouveau gouvernement en Italie, a d’ailleurs souligné qu’elle continuerait à surveiller les réformes dans ce pays. La mission de Mario Monti ne s’annonce donc pas comme une partie de plaisir. Et Silvio Berlusconi, même s’il lui a apporté son soutien et qu’il l’a reçu pendant deux heures à déjeuner samedi, reste en embuscade : « Nous sommes en mesure de débrancher la prise quand nous voulons », a-t-il confié à ses proches.
La liste des nouveaux ministres devrait être connue dans les prochains jours.

(Source : AFP)
À peine chargé de succéder au chef du gouvernement Silvio Berlusconi, l’ex-commissaire européen Mario Monti, 68 ans, s’est déclaré hier soir convaincu que l’Italie « peut vaincre » la crise de la dette grâce à « un effort collectif ».« Je remercie beaucoup le président pour la confiance qu’il m’a accordée (...) dans un moment de difficulté particulière pour l’Italie », a-t-il ainsi déclaré lors d’une brève intervention devant la presse après avoir reçu ce mandat du président de la République Giorgio Napolitano. « Le pays doit redevenir un élément de force, non de faiblesse, dans une Union européenne que nous avons contribué à fonder », a-t-il ajouté, peu avant d’être applaudi par la foule à sa sortie du palais présidentiel.La nomination de cet économiste très respecté...
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