De fait, le message du FMI, des marchés et de l’Union européenne a été reçu cinq sur cinq à Rome où le président de la République, Giorgo Napolitano, personnalité unanimement respectée en Italie, a accéléré le processus politique, dérogeant à toutes les règles jusqu’à présent en vigueur. « L’Italie fait face à des passages difficiles et à des choix particulièrement délicats pour surmonter la crise. L’Europe attend avec urgence des signaux importants (...). Nous serons à la hauteur de la tâche », a-t-il déclaré solennellement. Grâce à l’intervention du chef de l’État, le Parlement italien, réputé pour sa lenteur, adoptera en un temps record les mesures budgétaires et les réformes structurelles promises à l’Union européenne : premier vote attendu aujourd’hui au Sénat, feu vert définitif à la Chambre des députés demain ou dimanche au plus tard. Silvio Berlusconi remettra aussitôt sa démission et M. Napolitano pourrait nommer Mario Monti quasiment dans la foulée.
Le « non » de la Ligue du Nord
La nomination de cet ex-commissaire européen, économiste respecté âgé de 68 ans, vise à rétablir la crédibilité fortement entamée du gouvernement italien. Reste toutefois pour le chef de l’État à s’assurer qu’il disposera d’une majorité suffisante pour mener à bien sa tâche. M. Berlusconi a apporté son soutien personnel à M. Monti en lui souhaitant dans un message « un travail fructueux dans l’intérêt du pays », mais il doit encore convaincre son propre parti du bien-fondé de sa position, certains irréductibles réclamant des élections anticipées. La Ligue du Nord, son allié-clé, a déjà annoncé qu’elle ne soutiendrait pas le gouvernement de M. Monti. Hier soir, M. Monti a rencontré M. Napolitano et le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini. La rencontre a eu lieu au palais du Quirinal, siège de la présidence.
Le favori se dirige donc irrésistiblement vers le poste de chef du gouvernement. Il entretient des relations étroites avec le locataire du Quirinal depuis l’époque où il était en charge de la Concurrence dans la commission dirigée par son compatriote Romano Prodi : M. Napolitano était alors parlementaire européen. Autre signe qui ne trompe pas : M. Napolitano a nommé mercredi M. Monti sénateur à vie, fonction prestigieuse conférée seulement cinq fois ces vingt dernières années. Sur l’échiquier politique, cet homme mesuré se place au-dessus des partis. Marié et père de deux enfants, il est aussi éditorialiste du Corriere della Sera et assume de nombreuses fonctions au sein d’entreprises privées.
(Source : agences)

