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Moyen Orient et Monde

Homs, symbole de l’échec de la communauté internationale

Le pilonnage de la ville de Homs signe non seulement l’échec de la récente initiative de la Ligue arabe en Syrie, mais inflige surtout un désaveu cinglant à la communauté internationale, incapable de faire cesser la répression.
Rappelons que l’acceptation par Damas du plan de l’organisation panarabe prévoyant l’évacuation des troupes déployées dans les villes, la libération de prisonniers politiques et l’ouverture de pourparlers avec l’opposition n’a pas été suivie d’effets sur le terrain. Depuis le 2 novembre, le quartier résidentiel de Bab Amro à Homs est assiégé par les forces de sécurité syriennes qui ont déployé blindés et tireurs d’élite pour débusquer les déserteurs de l’armée qui ont trouvé refuge dans cette ville, bastion des manifestants prodémocratie.
« Le plan de paix arabe est mort-né, a estimé ainsi Murhaf Jouejati, un universitaire syrien à Washington. Il n’y a eu aucun répit dans la violence. Le régime d’Assad est en position de défi. » « Je ne pense pas qu’il y ait une seule personne saine d’esprit qui s’attende à ce qu’Assad retire ses troupes des rues et autorise les manifestations pacifiques », a souligné de son côté Walid al-Bunni, avocat et dissident syrien de longue date qui s’est réfugié à Paris il y a deux semaines. « L’absence de menace d’intervention internationale est perçue par les autorités comme un permis de tuer », a-t-il ajouté.
L’incapacité évidente des pays arabes à détourner Assad de la voie qu’il s’est fixée pour réprimer un mouvement lancé selon lui par des militants islamistes et des gangs armés soutenus par l’étranger redonne la main à l’Occident dont les appels au calme sont pour l’instant restés lettre morte. M. Assad, qui reste sourd aux appels à la démission ou à la fin de la répression, joue sur la peur de l’Occident de voir la Syrie plonger dans la guerre civile ou dans une insurrection islamiste susceptible de provoquer un « séisme régional ». Pour Nadim Shehadi, du centre de réflexion londonien Chatham House, M. Assad a d’ores et déjà perdu le pouvoir en termes de légitimité, mais l’Occident l’y maintient en l’appelant à lancer des réformes et à mettre un terme à la répression. « Le peuple qui manifeste en Syrie semble avoir brisé la barrière de la peur, ce n’est pas le cas de la communauté internationale », a-t-il noté.
À l’inverse du dossier libyen où l’OTAN est rapidement intervenue avec un mandat de l’ONU pour protéger la population civile des forces de Mouammar Kadhafi, l’Occident semble réticent à répéter le même scénario en Syrie, mettant en avant la complexité géopolitique du pays. Même timidité à la Ligue arabe, qui avait suspendu dès le mois de mars l’adhésion de la Libye à l’organisation pour protester contre les violences contre les civils et qui dans le dossier syrien semble faire preuve de davantage de clémence. L’organisation panarabe est paralysée par les divergences de ses membres face au dossier syrien, entre l’Algérie, le Liban et le Yémen hostiles à toute sanction, et l’Irak, le Soudan et la Mauritanie indécis, a souligné de son côté Waheed Abdel Maguid, du Centre de recherche et d’études politiques du Caire. Les mises en garde d’Assad contre toute intervention militaire semblent avoir porté leurs fruits et refroidi la plupart de ses voisins comme le Liban, l’Irak, Israël, la Jordanie ou la Turquie, inquiets des éventuelles retombées d’un conflit armé.
Sur le plan intérieur, Assad continue de jouir du soutien de la minorité alaouite, dont il est issu, des chrétiens et d’autres citoyens qui redoutent plus que tout l’arrivée de fondamentalistes islamistes en cas de vacance du pouvoir.
On retrouve cette indécision et ces divisions en Occident même si tous les pays s’accordent pour rejeter une intervention militaire. « Dans ces conditions, il n’est pas impossible que la Turquie agisse avec le soutien implicite de Washington et des principales capitales européennes », a avancé Murhaf Jouejati. Mais la Turquie, jadis alliée de Damas et désormais en pointe pour dénoncer le régime d’Assad, doit déjà imposer la série de sanctions promises il y a plusieurs semaines ou envoyer un signal clair en faveur d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie.
(Source : Reuters)
Le pilonnage de la ville de Homs signe non seulement l’échec de la récente initiative de la Ligue arabe en Syrie, mais inflige surtout un désaveu cinglant à la communauté internationale, incapable de faire cesser la répression.Rappelons que l’acceptation par Damas du plan de l’organisation panarabe prévoyant l’évacuation des troupes déployées dans les villes, la libération de prisonniers politiques et l’ouverture de pourparlers avec l’opposition n’a pas été suivie d’effets sur le terrain. Depuis le 2 novembre, le quartier résidentiel de Bab Amro à Homs est assiégé par les forces de sécurité syriennes qui ont déployé blindés et tireurs d’élite pour débusquer les déserteurs de l’armée qui ont trouvé refuge dans cette ville, bastion des manifestants prodémocratie.« Le plan de paix arabe est...
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