« Moi je crois en ces joueurs, on peut remonter, martèle Ranieri. Nous devons toujours avoir l’esprit de sacrifice : l’orgueil des gars me laisse beaucoup d’espoir. »
Depuis son arrivée, après cinq matches ratés sous Gianpiero Gasperini, il n’a pourtant guère fait mieux en championnat, où l’Inter est à seulement un point au-dessus de la ligne de relégation.
Mais Ranieri est un spécialiste des missions de ce genre. Deux fois déjà il a pris en cours de route une équipe mal en point, et l’a redressée. En 2009-2010, il arrive à l’automne sur le banc d’une AS Rome en crise, en fond de classement, pour échouer finalement à 2 points de l’Inter dans la course au titre. Débarqué en février 2007 à Parme, alors relégable, il avait miraculeusement assuré le maintien.
Ranieri est même appelé « M. Wolf » par la presse italienne, en référence au personnage incarné par Harvey Keitel dans Pulp Fiction. Wolf, le « nettoyeur », qui « résout les problèmes ». Mais dans le film culte de Quentin Tarantino il s’agissait de faire disparaître les traces dans une voiture d’un cadavre à la tête explosée d’un coup de revolver...
Moins sanglante, sa mission à l’Inter nécessite cependant du doigté. Il distribue en public des critiques mesurées envers ses joueurs, les défendant la plupart du temps. Mauro Zarate, trop irrégulier ? : « Zarate est en forme, il jouait bien mais je l’ai remplacé par choix tactique » à la mi-temps contre la Juventus (défaite 2-1).
Diego Milito ne trouve plus le chemin du but ? « Je le ménage en attendant qu’il redevienne le Milito que nous connaissons tous », répond Ranieri, qui devrait aligner l’Argentin (présent à la conférence de presse d’avant-match) contre Lille.
Les recrues Ricky Alvarez, Luc Castaignos ou Jonathan, très décevantes jusqu’ici ? : « Ils sont dignes de l’Inter, ce sont d’excellents futurs champions, ils s’entraînent parfaitement. Si l’Inter allait à mille à l’heure, ils seraient meilleurs, c’est aussi ma faute si ça ne marche pas mieux ».
Il est si diplomate qu’on en vient à lui demander d’être plus méchant avec l’équipe : « Vous pensez que l’entraîneur va raconter en conférence de presse ce qu’il reproche à ses joueurs dans le vestiaire ? »
Toujours souriant, badin avec les médias, le Romain de 60 ans désamorce la crise, et rappelle qu’il reste « 84 points à prendre » (en fait 87) et que le titre n’est donc pas encore joué, malgré les 11 points de retard sur le leader, la Juventus Turin.
« Mon sourire, c’est parce que je suis comme ça. Je ne vais pas changer. Mais les moments où je me mets en colère, vous les verrez ! » plaisante-t-il.
Il conteste aussi que son équipe soit « bouillie » après son orgie (cinq championnats, une Ligue des champions, notamment). « Attendons la fin du championnat, moi je suis confiant, donnez-nous du temps et vous verrez, cette équipe a encore tant à donner », assure-t-il.
Mais il n’est « pas le magicien d’Oz qui résout tout avec sa baguette magique », explique-t-il, se démarquant de son vieux rival – et prédécesseur – José Mourinho, qui cite plus volontiers Harry Potter comme manieur de baguette enchantée.

