Dans un camp du Croissant-Rouge turc, des survivants de la province de Van. Mustafa Ozer/AFP
Des sinistrés de la province orientale de Van ont d’ailleurs laissé éclater leur colère hier, critiquant la lenteur de la distribution des tentes notamment et accusant les autorités de discrimination ethnique. Rappelons que la population de l’Est est majoritairement kurde. M. Erdogan a rejeté ces critiques, estimant « amplement suffisantes » les quelque 17 000 tentes envoyées aux personnes touchées par le séisme qui a fait 461 morts et plus de 1 350 blessés.
À Guvecli, un village entièrement détruit à une trentaine de kilomètres de Van, les habitants péniblement regroupés dans quelques tentes se sont plaints d’avoir été oubliés. « Le Croissant-Rouge nous a seulement apporté dix tentes lundi » puis 25 autres mardi, selon un ancien chef du village, Zeki Yatkin.
C’est dans ce contexte que le gouvernement turc a décidé d’accepter l’aide proposée par une trentaine de pays, y compris celle d’Israël malgré les tensions entre les deux pays, pour faire face aux conséquences du séisme, a indiqué hier une source diplomatique turque. Ankara a décidé d’accepter les offres d’aide, notamment concernant des logements préfabriqués et conteneurs pour abriter les rescapés. Un avion français transportant de l’aide humanitaire (lot de grandes tentes familiales) partira donc aujourd’hui de Paris à destination de la Turquie, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères.
Dix-sept camions d’aide du Croissant-Rouge ont toutefois été « pillés » par des inconnus à Van, a annoncé le directeur de cette organisation caritative. Des habitants d’Ercis ont d’autre part indiqué que des inconnus avaient arrêté mardi un camion chargé de tentes en provenance de la province voisine d’Agri. Ils ont battu le chauffeur et se sont emparés de la cargaison, probablement pour la revendre au marché noir, selon les résidents. En attendant, de longues files d’attente se sont formées pour réclamer des tentes devant la préfecture d’Ercis. « Ils nous traitent comme des bêtes », s’est insurgé un jeune homme tandis que fusaient des sifflets de protestation contre l’interruption des distributions.
Toujours à Ercis, la découverte de nouveaux rescapés continue d’encourager la recherche de survivants. Hier à l’aube, une enseignante de 27 ans, Gözde Bahar, a été extraite vivante des décombres, 66 heures après le tremblement de terre qui a touché cette ville de 75 000 habitants. Quelques heures auparavant, un étudiant de 18 ans avait été extirpé en vie. Mais les chances de retrouver des survivants diminuent d’heure en heure et les sinistrés redoutent une nouvelle nuit glaciale, alors que des chutes de neige étaient prévues hier soir. De plus, les autorités sanitaires ont mis en garde contre le risque accru de diarrhée, l’eau courante étant contaminée.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine