La perle belge du LOSC finira certainement sa saison à Lille. Élu meilleur joueur de Ligue 1 (saison 2010-2011), Eden Hazard a gagné cette année en efficacité et en réalisme.
La première évidence est qu’un accord entre les deux clubs semble, sur le papier, assez facilement trouvable. Lille ne voulait entendre parler de rien l’été dernier. Les conditions du dialogue sont incomparables. La stratégie du PSG, telle qu’elle est décrite par L’Équipe, n’a qu’un but : prendre une longueur d’avance sur la concurrence. Le club nordiste prévient simplement que le Belge ne partira pas en janvier. « C’est quelque chose qui est complètement impossible, on n’a jamais fait ça et ça serait aller à l’encontre du groupe qu’on a construit, c’est donc absolument impossible », a confié Frédéric Paquet, directeur général adjoint du club sur les ondes de RMC. Mais Paris n’exclurait pas de signer l’accord cet hiver tout en laissant Hazard à la disposition de son club jusqu’en juin. Lille ne s’était pas opposé à ce type d’accord avec Adil Rami et le FC Valence la saison dernière.
Une indemnité de transfert de 50 millions d’euros placerait aussi Hazard à un coût que seul Manchester City pourrait concurrencer sans difficulté.
Le Real ne serait, selon AS, pas désireux de s’aligner. À ce tarif-là, le LOSC sait aussi qu’il amortirait le déficit d’exploitation annuel auquel il se condamne en attendant son grand stade, de l’ordre de 20 millions annuels sur les deux dernières saisons. Lille, d’ailleurs, travaille déjà à son remplacement. « (Sa succession) on y pense bien sûr, expliquait Rudi Garcia lundi sur RTL. C’est compliqué de trouver un joueur du calibre d’Eden. On verra. Pour l’instant, on profite du fait qu’il soit avec nous. »
À la place de Nene ?
À 20 ans, reste à savoir si Paris est une étape qui épouse la meilleure progression possible pour le joueur. Cet été, il était déjà sensible à l’intérêt du « nouveau » PSG. Si celui-ci se qualifie pour la Ligue des champions et remporte le titre national, le LOSC n’aura plus aucun argument sportif à opposer à Paris. Quitter un club, quel qu’il soit, est toujours synonyme de risque. On sait ce que l’on perd, on ne sait jamais ce que l’on trouve. Dans le cas d’Eden Hazard, passer par la case PSG, dans cette L1 qu’il connaît si bien, cela ressemblerait une solution de sagesse avant le grand saut à l’étranger. Dans la pression médiatique et populaire, il passerait un sacré cap.
Financièrement ? Le joueur s’y retrouverait coup sûr, compte tenu de la surface financière de QSI. Selon les estimations de différents médias, Hazard percevrait un salaire annuel inférieur à 2,5 millions d’euros bruts. Le PSG a les moyens de lui proposer davantage. Javier Pastore émarge par exemple à 5 millions bruts. Dans un entretien accordé au JDD dimanche, Hazard répondait « oui » quand il lui était demandé s’il paierait pour voir jouer l’Argentin. « Un superjoueur... Je suis pressé de jouer contre lui pour savoir qui est le plus fort. Il l’est déjà suffisamment pour remplir les stades. » S’il lui était proposé d’être augmenté pour partager les ballons avec lui devant des tribunes pleines, Hazard étudierait probablement l’hypothèse. Un talent de sa trempe n’aurait aucune difficulté avec son temps de jeu. La réflexion du PSG sur Hazard s’inscrit dans la succession de Nene, 30 ans, sous contrat jusqu’en 2013.

