Avant l’annonce de la trêve, Sanaa a connu une nouvelle marche sanglante contre M. Saleh pendant laquelle trois protestataires ont été tués et 40 blessés par les tirs de soldats loyalistes. Les manifestants à Sanaa, plusieurs milliers, avaient tenté de se diriger vers le quartier d’el-Qaa, tenu par les forces fidèles au président, lorsqu’ils ont été pris sous le feu nourri des forces de M. Saleh. « Kadhafi est parti, boucher, écoute ton peuple », « le peuple veut la traduction en justice du tyran », ont scandé les manifestants à l’adresse du chef de l’État, au pouvoir depuis 33 ans.
A Taëz, huit personnes dont un enfant de sept ans, une femme et un policier, ont été tuées, selon des sources médicales. Le ministère de l’Intérieur a pour sa part annoncé que quatre policiers au total ont été tués et dix ont été blessés. En outre, 33 civils ont été blessés, au cours d’une journée de bombardements et d’affrontements entre des combattants tribaux ralliés aux opposants et les troupes du chef de l’État.
Sur le front diplomatique, le président Saleh a assuré à l’ambassadeur américain à Sanaa qu’il comptait se conformer à un plan qui prévoit son retrait du pouvoir, a indiqué hier la porte-parole du département d’État. Victoria Nuland a salué ces propos, tout en soulignant que M. Saleh devait tenir parole. Ce dernier a déjà promis à plusieurs reprises de quitter le pouvoir, mais s’est ravisé à chaque fois. D’ailleurs, des représentants du parti de M. Saleh, le Congrès populaire général (CPG), ont rencontré lundi soir des diplomates européens et du Golfe à Sanaa pour débattre de l’application du plan du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Les responsables du CPG, parti du président, ont informé les diplomates que le président accepterait le plan à condition de demeurer au pouvoir jusqu’à la tenue d’élections anticipées, ont précisé des sources diplomatiques. M. Saleh a également exigé qu’une clause de l’accord sur une refonte des forces armées, dont les unités d’élite sont contrôlées par les proches du président, soit retirée, d’après ces sources.
Le porte-parole de l’opposition parlementaire, Mohammad Qahtan, a rejeté ces conditions.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine