Rached Ghannouchi, le fondateur du parti Ennahda, posant dans son bureau au siège de la formation politique islamiste. Fethi Belaïd/AFP
Sans même attendre les résultats définitifs et complets, le chef du parti de gauche Ettakatol, Mustapha Ben Jaafar, a annoncé que les discussions pour la constitution d’un exécutif après l’installation de l’Assemblée constituante avaient commencé, notamment avec les islamistes d’Ennahda. « Les discussions ont commencé avec tous les partenaires politiques, y compris Ennahda, et se poursuivent en attendant l’annonce des résultats définitifs », a-t-il précisé, tout en se disant personnellement « prêt à assumer les plus hautes responsabilités si un consensus se dégage ».
Selon les premiers résultats partiels et officiels annoncés hier par la commission électorale (ISIE), Ennahda est arrivé en tête dans cinq des 27 circonscriptions du pays, notamment dans la métropole économique de Sfax. Le parti islamiste obtient 15 des 39 sièges dans ces cinq circonscriptions. Avec les neuf sièges obtenus à l’étranger, il peut déjà compter sur 24 élus dans la future Assemblée de 217 membres. Dans les cinq circonscriptions où le dépouillement a été achevé, Ennahda est suivi par le Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste) avec 6 sièges. La surprise est venue de la liste Pétition pour la justice et le développement, qui obtient 5 sièges. Absente de la campagne officielle, cette liste est dirigée par Hechmi Haamdi, un riche Tunisien basé à Londres, qui a fait campagne depuis la Grande-Bretagne par le biais de sa télévision al-Mostakilla, regardée en Tunisie. Le parti Ettakatol obtient 4 sièges, le Parti démocrate progressiste (PDP, centre) 2 sièges, tout comme l’Initiative, parti dirigé par Kamel Morjane, un ex-ministre de M. Ben Ali.
Deux jours après le scrutin, auquel plus de 7 millions d’électeurs étaient conviés, les observateurs internationaux ont généralement salué une élection « libre » et « transparente », malgré quelques « irrégularités mineures ».
L’Assemblée constituante devra rédiger une nouvelle Constitution et désigner un nouvel exécutif jusqu’aux prochaines élections générales. D’ici là, le pays sera gouverné par des autorités de transition. Pour dégager une majorité, Ennahda devra négocier avec des formations de gauche, notamment le CPR de Moncef Marzouki et Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar, deux anciens opposants. Des contacts ont été noués entre le CPR et les islamistes avant le scrutin. Accusé par ses vieux alliés de gauche de « pactiser avec le diable », M. Marzouki a défendu la nécessité d’une large union nationale pour former une équipe solide ayant « les moyens de gouverner ». Il a toutefois fermement démenti avoir passé une quelconque alliance avec Ennahda avant le scrutin. Ettakatol (forum), le parti de M. Ben Jaafar, qui a annoncé depuis Bruxelles sa candidature à la présidence intérimaire du pays, avait écarté dès le début de la campagne électorale toute alliance avec Ennahda avant le vote, mais ferait tout pour compter dans un gouvernement d’union nationale. « Nous avons besoin du consensus pour la deuxième phase de la révolution, qui est celle de la transition démocratique », a déclaré Mohammad Draief, un militant d’Ettakatol. La coalition de gauche Pôle démocratique modernist(PDM), emmenée par Ahmad Brahim, estime de son côté « qu’on aurait eu un tout autre résultat » si une alliance des partis modernistes avait été constituée avant les élections. « Nous avons toujours appelé à une alliance des forces démocratiques, nous resterons fidèles à cette ligne », a déclaré M. Brahim, dont le pôle s’est clairement rangé dans l’opposition.
Même si Ennahda, laminé sous Ben Ali, s’impose comme la nouvelle force dominante, les analystes soulignent « qu’il ne pourra pas gouverner seul » et devra composer pour ne pas s’aliéner une société sécularisée attachée à ses acquis et rassurer les investisseurs étrangers. Le prochain gouvernement sera inéluctablement confronté à une situation économique très tendue, dans un pays où la croissance habituellement autour de 5-6 % est nulle ou négative depuis janvier, et où le désastre de la dernière saison touristique a détruit des emplois et gonflé un taux de chômage estimé aujourd’hui à 19 %.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Depuis que je suis né je n'entends que des complots ourdis contre les arabes et les pays du Moyen Orient. C'est avec de telles balivernes que les despotes de toutes sortes ont pu se maintenir au pouvoir et gouverner pour des décennies tous ces pays. Ce ne sont pas les autres pays qui sont responsables pour les déboires des pays arabes et du Moyen Orient, inclus la Palestine. Ce sont les arabes eux-mêmes et tous les autres pays du M.O. qui en sont directement les premiers et seuls responsables. Les autres n'ont fait que les intérêts de leurs pays, trouvant les terres défraîchies et prêtes à semer et à exploiter. Blâmons-nous nous mêmes avant de blâmer les autres. Le mal commence et finit chez soi. Pensez-y bien et vous comprendrez. Anastase Tsiris
15 h 05, le 27 octobre 2011