Le successeur du prince héritier doit être choisi par un conseil restreint au sein de la dynastie des Saoud, pour la première fois dans l’histoire du royaume. Ce conseil a été créé à la suite d’une réforme des modalités de succession introduite en 2006 pour assurer une transition pacifique du pouvoir dans cette monarchie. De toute évidence, c’est le puissant ministre de l’Intérieur, le prince Nayef ben Abdel Aziz (78 ans), qui devrait devenir prince héritier, après sa nomination en mars 2009 par le roi au poste de deuxième vice-Premier ministre.
Le prince Nayef a de solides relations dans le monde arabe. Il a, selon des diplomates, joué un rôle dans la décision du royaume d’accueillir le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali et d’envoyer des troupes à Bahreïn pour aider à la répression du mouvement de contestation.
Son ministère a par ailleurs été confronté à la montée en puissance d’el-Qaëda dans un royaume ensanglanté par une vague d’attentats entre 2003 et 2006. Il a sévi contre le réseau, obligeant ses chefs et ses membres à s’enfuir au Yémen. Il a également démantelé les organisations caritatives qui collectaient des dons pour le réseau d’Oussama Ben Laden qui avait été déchu de sa nationalité saoudienne.
Dans le même temps, le ministère de l’Intérieur réprimait des activistes progressistes, s’attirant les critiques des militants des droits de l’homme.
Demi-frère du roi, le prince Nayef a la réputation d’être plus conservateur que le souverain et feu le prince héritier. Il ne voit pas l’intérêt d’élections au Conseil consultatif, dont les 150 membres sont nommés, ni de la présence de femmes dans cette instance. Plus encore, il avait défendu les hommes de la police religieuse qui ont été souvent accusés de brutalité et d’abus.
Signalons que de nombreux dirigeants dans le monde ont salué la mémoire de Sultan ben Abdel Aziz, dont le président américain Barack Obama, le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre britannique David Cameron, ainsi que le roi jordanien Abdallah II. Même Téhéran et Damas s’y sont mis : le ministre iranien des AE Ali Akbar Salehi a adressé ses condoléances à l’Arabie saoudite, au moment où les relations entre les deux pays sont particulièrement tendues, et le président syrien Bachar el-Assad a adressé ses condoléances au roi Abdallah « au nom du peuple syrien ».
(Source : agences)

