Au Yémen, pas de répit dans la répression sanglante
L’opposition continue d’appeler l’ONU et la communauté internationale à l’aide.
OLJ /
le 19 octobre 2011 à 00h48
Les troupes du président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui semble plus que jamais décidé à garder le pouvoir, ont de nouveau réprimé dans le sang les manifestations à Sanaa hier, suscitant les protestations du Prix Nobel de la paix et de l’ONU. Effectivement, des soldats fidèles au président contesté dans la rue depuis neuf mois et des civils armés ont ouvert le feu sur des milliers de jeunes qui s’approchaient de bâtiments officiels dans la capitale yéménite, faisant sept morts et des dizaines de blessés, selon un dernier bilan de sources médicales. « Nous ne craignons pas la mort », ont scandé les manifestants déterminés, eux aussi, à maintenir la pression sur le chef de l’État. « La mort plutôt que Saleh », ont répété d’autres. « Nous allons poursuivre nos manifestations, le monde doit savoir que notre mouvement est pacifique et le Conseil de sécurité de l’ONU doit adopter une résolution contre les criminels de guerre au Yémen », a déclaré l’un des meneurs du mouvement des Jeunes de la révolution, Hachem el-Ibara. Un témoin a également vu des dizaines de blessés par balles et des jeunes intoxiqués par les gaz lacrymogènes, transportés à l’hôpital de campagne sur la place du Changement, où ils ont été placés par terre faute de place. En outre, cinq membres d’une même famille ont été tués lors de la chute d’un obus sur leur maison à Sanaa dans la nuit de lundi à mardi, selon des sources médicales. Plus encore, à Taëz, deuxième grande ville du pays, une personne a été tuée et sept blessées par des tirs des hommes du régime sur une manifestation anti-Saleh, selon des sources médicales et des témoins. De son côté, et dans un message au patron de l’ONU Ban Ki-moon, la Yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel de la paix 2011, a jugé « impératif que la communauté internationale prenne des mesures immédiates et fermes pour arrêter les massacres et demander des comptes à leurs auteurs ». La jeune femme, qui joue un rôle de premier plan dans la contestation, a demandé dans son message également adressé aux membres du Conseil de sécurité de « protéger les manifestants pacifiques au Yémen ». À Genève, le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU a quant à lui dénoncé l’usage « excessif » de la force par les troupes de M. Saleh « dans un climat de complète impunité ». Malgré des mois de protestation et de pressions internationales et régionales, M. Saleh, au pouvoir depuis 33 ans et accusé de corruption et de népotisme, refuse de partir et rejette un plan élaboré par les monarchies arabes du Golfe pour un transfert pacifique du pouvoir. (Source : AFP)
Les troupes du président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui semble plus que jamais décidé à garder le pouvoir, ont de nouveau réprimé dans le sang les manifestations à Sanaa hier, suscitant les protestations du Prix Nobel de la paix et de l’ONU. Effectivement, des soldats fidèles au président contesté dans la rue depuis neuf mois et des civils armés ont ouvert le feu sur des milliers de jeunes qui s’approchaient de bâtiments officiels dans la capitale yéménite, faisant sept morts et des dizaines de blessés, selon un dernier bilan de sources médicales. « Nous ne craignons pas la mort », ont scandé les manifestants déterminés, eux aussi, à maintenir la pression sur le chef de l’État. « La mort plutôt que Saleh », ont répété d’autres. « Nous allons poursuivre nos manifestations, le monde doit...
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