Le directeur sportif de Lotus Renault, Éric Boullier, s’est accordé un délai supplémentaire pour décider du retour de son pilote fétiche, Robert Kubica, toujours pas complètement remis d’une blessure qui l’a écarté des circuits depuis février. Lee Jae-won/Reuters
« Si je peux attendre un peu plus, je vais peut-être le faire car il n’est pas complètement remis et je veux qu’il soit dans une situation équitable pour m’assurer de son retour », a dit Boullier. « J’ai parlé à Daniele Morelli (NDLR : manager de Kubica) et ils sont très confiants quant à son retour, ce qui est agréable à entendre. Nous devrons satisfaire certains processus et, fondamentalement, c’est une course contre la montre. Si Robert peut piloter une monoplace de formule 1, je veux que ce soit avec nous, nous devons donc lui donner une chance. Il ne tient qu’à moi de m’adapter », a-t-il ajouté.
Le Polonais, qui se remet de graves blessures à l’avant-bras et au coude droits, n’est pas lié par contrat à l’écurie d’Enstone pour 2012. Néanmoins, il a passé un accord moral avec Éric Boullier pour courir l’an prochain avec l’équipe qu’il a rejointe en 2010, après avoir été libéré par BMW. Éric Boullier reste dans le flou concernant sa future paire de pilotes. Il emploie depuis 2010 le Russe Vitaly Petrov et a titularisé le Brésilien Bruno Senna depuis le GP de Belgique, fin août, en remplacement de l’Allemand Nick Heidfeld, remercié pour résultats insuffisants.
Après avoir progressé jusqu’au début de 2011, Petrov plafonne : il a marqué cinq points lors des neufs dernières courses. Sa présence était à l’origine une volonté de Renault, en connexion avec ses engagements sur le marché russe, via sa participation dans le constructeur Lada. Sa position a été fragilisée par la vente des dernières parts de Renault à Genii, qui possède 100 % des parts de l’écurie. Quant au Brésilien, il est inconstant : bon en qualif mais pas en course (Spa, Yeongam) ou l’inverse (Suzuka), efficace à Monza et médiocre à Singapour.
Bientôt Team Lotus ?
Et puis, Éric Boullier a en réserve le Français Romain Grosjean, champion de GP2 2011, qu’il considère en priorité pour remplacer Robert Kubica. Le tout suivant un principe clair : il engagera ses deux pilotes sur la saison complète en 2012. Pas question de rétrograder un titulaire pour faire courir le Polonais en cours d’année.
Enfin, Éric Boullier travaille plus que jamais à la mutation de l’équipe Lotus Renault GP en Team Lotus. Lotus est cette année le sponsor titre de l’équipe, et Renault GP le fabricant officiel du châssis – donc le constructeur officiel. Enstone ne peut appeler ses châssis Lotus car ce droit est réservé au Team Lotus du Malaisien Tony Fernandez. Néanmoins, ce dernier ne possède pas le droit d’exploiter la marque commerciale Lotus, et est disposé à céder les droits d’utilisation du nom Lotus ainsi qu’à vendre l’appellation « Team Lotus » afin de poursuivre l’aventure en F1 sous le nom de Caterham. Boullier a demandé aux autres équipes du paddock la transformation LRGP en Team Lotus. Les Accord Concorde réclament l’unanimité pour opérer ce changement. Or Ferrari, Sauber et Hispania opposaient encore récemment leurs veto.
Cela validerait définitivement l’intérêt de Gérard Lopez, bras droit d’Éric Lux, le PDG de Genii Capital, dans la marque Lotus depuis 2009. La semaine dernière, l’homme d’affaire luxembourgeois a d’ailleurs franchi un pas supplémentaire en trouvant place au conseil d’administration de Lotus Cars. Son ambition est de représenter Lotus en Formule 1 à travers une filiale sportive directe du constructeur. Mais, pour l’instant, Proton, propriétaire de Lotus Cars, par ailleurs en excellent terme avec Gérard Lopez, ne peut vendre sans devoir satisfaire certains engagements dans des délais assez rapides. Lopez sait aussi pouvoir compter sur ses relations avec le gouvernement malaisien, à l’origine de la création de Proton, pour trouver une solution à terme.

