Les opposants voient des indices de perturbation sur la scène locale dans l’affaire du financement du Tribunal spécial pour le Liban, que le 8 Mars rejette en réclamant la révision du protocole conclu avec le TSL. Et en remettant sur le tapis le dossier dit des faux témoins pour exiger la saisine de la Cour de justice. L’offensive inclut, en outre, des demandes d’éviction, à travers les nominations en perspective, de responsables des services de sécurité et de l’appareil judiciaire.
D’autre part, les prosyriens ne manquent pas de rebondir sur la crise socio-économique, pour appuyer les syndicats, et accabler les centristes, Nagib Mikati en tête. On note ainsi que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Fayçal Karamé, a vivement critiqué la ligne suivie par le gouvernement, pour s’en prendre au ministre Mohammad Safadi, allié de M. Mikati, à cause des positions qu’il avait affichées à Washington, ainsi qu’à cause de son projet de budget.
Les contestataires pointent du doigt le laxisme relatif à la multiplication des incidents de sécurité. Ils tirent la sonnette d’alarme au sujet des activités des groupuscules terroristes, comme du possible réveil en grand de ce que l’on appelle les cellules dormantes, à la lumière de l’affaire, potentiellement répétitive, du rapt des Estoniens, ainsi que des menaces contre l’Escwa ou des agressions renouvelées contre la Finul, qui ne relèvent cependant pas des terroristes, mais sont téléguidées par des parties locales déterminées. Les mêmes qui semblent être derrière les spoliations de Lassa...
Sans compter, pour conclure, les appréhensions que suscitent ici les attentats d’Irak visant les chrétiens ou encore les sévices contre les coptes d’Égypte, dont les églises sont incendiées.
Globalement, une source ministérielle craint que la scène libanaise ne subisse de fortes secousses mettant à mal sa stabilité. Cela, pour adresser à travers elle des messages à des protagonistes régionaux ou internationaux. Le gouvernement Mikati parviendra-t-il à prévenir ce danger et à confirmer en acte son slogan de ligne rouge sécuritaire ?
Ersal
Il commence en tout cas à se soucier de Ersal. Un nom devenu symbole d’incursions militaires syriennes, dont l’une a abouti au meurtre d’un réfugié syrien, marié à une Libanaise habitant cette localité, qu’un régiment syrien, soutenu par deux tanks, a attaqué à tirs nourris, sous prétexte que les habitants donnent refuge à des éléments syriens subversifs et que leurs maisons servent de dépôts d’armes.
La population, président de la municipalité en tête, a démenti. Pas d’éléments armés ni d’armes. Ajoutant que même les opérations de contrebande de mazout ou d’autres produits se sont arrêtées, il y a plus d’un an, avant les événements de Syrie, à la suite d’une intervention musclée, étalée sur plusieurs jours, des gardes-frontières. Parallèlement à une mobilisation maximale des services de sécurité, après des rapports prévoyant une activation du trafic d’armes transfrontalier et de l’infiltration d’éléments armés.
Ces données ont été étudiées par le Conseil central de sécurité. Puis le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, en a informé le chef de l’État, Michel Sleiman, et le président du Conseil, Nagib Mikati. Il a émis le souhait de traiter le problème avec son homologue syrien, au cours d’une visite à rendre à Damas en compagnie du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim. Le ministre a indiqué que les entretiens projetés, axés sur Ersal, devraient déterminer les moyens de verrouiller la situation à la frontière, rappelant qu’il préside lui-même la commission technique chargée d’effectuer le tracé de la frontière. Une procédure gelée que Marwan Charbel veut réactiver. Mais il lui faut, pour cela, persuader les Syriens de coopérer, car une main seule n’applaudit pas...
Il a finalement été décidé qu’Ibrahim effectuerait une visite préparatoire sur les bords du Barada, en présentant au passage des condoléances officielles au mufti de Syrie pour la mort de son fils. L’officier a eu des contacts avec divers responsables sur les problèmes communs de sécurité frontalière et sur les informations faisant état de trafic d’armes, dans le sens Liban-Syrie, ainsi que d’infiltrations d’éléments armés, dans le sens Syrie-Liban.
Dans son exposé de retour aux présidents ainsi qu’à son ministre, le directeur de la SG a mis l’accent sur le climat positif de ses échanges à Damas. Il a répété que ses interlocuteurs ont insisté sur la volonté de la Syrie d’aider le Liban, dans le respect de sa souveraineté et de son indépendance. Des mesures devraient être prises sous peu. Et la commission mixte du tracé pourrait reprendre ses travaux. Tandis que des réunions sécuritaires grouperaient les deux côtés, pour prévenir une réédition des incidents de Ersal ou d’ailleurs. Le général redit que la Syrie est résolue à aider le Liban. Pour faire en sorte, notamment, que les parties qui complotent contre elle ne se servent pas de la scène libanaise.


Souhaitons et espérons qu'on ne nous mêle pas, surtout que des Libanais n'y soient point de connivence, sous la devise : combattons jusqu'au dernier Libanais ! Le cyclone, s'il va passer, et je crois qu'il va le faire, va déraciner tout sur son passage. Soyons raisonnable. Nous sommes un tout petit pays, avec dix huit communautés. Personne n'a le droit, à lui seul de décider de notre sort et du sort de nos enfants, et à nous entraîner, malgré nous, dans l'oeil du cyclone. Que Dieu les éclaire, et nous en garde. Anastase Tsiris
11 h 43, le 14 octobre 2011