Motif : l’intense activité politico-médiatique des groupements et personnalités de l’opposition syrienne qui ne trouvent pas de meilleure tribune que les rives de la Seine du fait de la position française plus que favorable à leur cause.
Il reste que pour le Quai d’Orsay, il y a opposition et opposition puisque trois figures opposantes venues de Damas, MM. Michel Kilo, Fayez Sara et Harès Dalila, ont été interdites de tribune au CAPE samedi dernier pour « raisons de sécurité » alors que cet organisme accueillait le surlendemain une autre délégation hostile au régime syrien conduite par M. Haïtham al-Maleh.
Le trio contestataire a quand même rencontré les journalistes dans les locaux du Monde alors que M. Maleh et les membres de sa délégation s’exprimaient à la tribune du CAPE.
Commentaire de notre confrère Georges Malbrunot sur son « blog » : « La France ne souhaite visiblement pas embarrasser le Conseil national syrien (CNS) qui regroupe une grande partie de l’opposition syrienne, mais auquel n’appartiennent pas MM. Kilo, Sara et Dalila. Paris aurait-il succombé aux demandes amicales de certains opposants syriens qui reprochent au trio un ton trop modéré contre le pouvoir d’Assad ? Un argument assez largement exagéré comme nous avions pu le constater fin août lorsque nous avions longuement discuté avec MM. Kilo et Sara à Damas. »
Et notre confrère d’ajouter : « La France souhaite que l’opposition syrienne parle d’une seule voix. Elle a accueilli favorablement la création du Conseil national, mais reste prudente, notamment en ce qui concerne l’influence des Frères musulmans au sein du CN. »
« Nous ne savons pas trop où nous allons avec tous ces opposants », aurait par ailleurs confié à M. Malbrunot, un diplomate français, interrogé à ce sujet.
De son côté, en réponse à la question d’un journaliste sur le même sujet, M. Bernard Valéro, porte-parole du Quai d’Orsay, se défend d’avoir interdit de tribune (au CAPE) qui que ce soit, reconnaissant que sa hiérarchie avait hésité et voulait savoir « qui étaient ces gens-là »...
Un autre responsable du Quai d’Orsay devait exprimer un avis différent, affirmant que MM. Kilo et Sara sont connus en France, mais que « le temps a manqué pour la préparation de leur visite ».
Moralité : dans cette affaire, c’est visiblement la France qui ne parle pas d’une seule voix.


C'est surtout que la France semble avoir décidé de sauter l'étape" menchevik" pour aller directement à l'étape"bolchevik"...comprenne qui pourra!
21 h 06, le 13 octobre 2011