Dans les faits, un inconnu s’est présenté à la réception de l’immeuble et a prétendu vouloir porter un paquet au centre médical, avant de jeter des tracts sur lesquels la phrase suivante était inscrite : « Une bombe va exploser » et de s’enfuir. Alertées, les Forces de sécurité intérieure ont évacué l’immeuble et un artificier a examiné le paquet qui s’est avéré vide. L’immeuble a été également fouillé de fond en comble.
Entre-temps, la secrétaire générale exécutive de l’Escwa, Rima Khalaf, était reçue par le Premier ministre, Nagib Mikati, avec qui elle a discuté des mesures de sécurité prises autour du bâtiment, place Riad el-Solh.
Dans une déclaration à la presse au terme de l’entretien, Mme Khalaf a souligné le souci de préserver la sécurité du bâtiment et des employés, sans pour autant importuner la population. « Nous sommes arrivés à une sorte de solution médiane qui va permettre d’atteindre l’objectif requis, a-t-elle expliqué, soulignant qu’à long terme, l’Escwa envisage de déménager à Dbayé où son bâtiment permanent sera construit. Mais le déménagement n’aura pas lieu avant trois ou quatre années, a poursuivi Mme Khalaf, précisant qu’à court terme, la route entourant l’immeuble restera fermée à la circulation jusqu’à ce que l’Escwa parvienne à trouver avec le gouvernement libanais un immeuble répondant aux normes de sécurité à Beyrouth et vers lequel elle pourra déménager en même temps que d’autres agences de l’ONU. »
La population souffre le martyre, en effet, depuis la fermeture, il y a quelques jours, de toute la route qui entoure l’immeuble de verre. Mais les Forces de sécurité intérieure ont fait publier hier soir un communiqué dans lequel elles ont annoncé que la route sera fermée les jours de la semaine entre 7h et 16h seulement et sera rouverte à la circulation durant les week-ends.
Répondant ensuite aux questions de la presse, Mme Khalaf a démenti les rumeurs selon lesquelles l’Escwa souhaite transférer son siège au Qatar, affirmant connaître les sources de ces rumeurs et rappelant « la forte compétition » entre les États de la région pour accueillir les sièges régionaux d’institutions internationales.
Elle a aussi souligné que l’Escwa n’a pas reçu de menaces directes, mais que certains bâtiments de l’ONU sont menacés. De ce fait, tous ont été soumis à un contrôle de sécurité et il est apparu que l’immeuble de la place Riad el-Solh ne répondait pas aux normes élémentaires de sécurité, ce qui a entraîné, selon les explications de Mme Khalaf, les mesures imposées depuis quelques jours.

