Sébastien Ogier a remporté hier le rallye de France sur les terres alsaciennes de son rival et coéquipier chez Citroën, Sébastien Loeb, dont il n’est plus qu’à trois points au classement du championnat du monde. Patrick Hertzog/AFP
Ogier a finalement devancé l’Espagnol Dani Sordo (Mini Cooper), 2e, de six secondes, et le Norvégien Petter Solberg (Citroën DS3), 3e, de plus d’une minute. Il a aussi signé le 3e temps dans l’ES23, une superspéciale de 4 km tracée dans le centre ville d’Haguenau, et ajouté un point de bonus aux 25 points de sa victoire.
« Il y a beaucoup de stress qui est en train de s’évacuer. C’était un très long week-end, avec beaucoup de pression. Dani and Petter m’ont rendu la vie difficile, pour prendre la tête du rallye et la garder. Je me sens soulagé et heureux d’avoir bien géré cette course, sans prendre trop de risques », a résumé Ogier, à son retour du podium dressé devant le Parlement de Strasbourg.
C’est la 7e victoire de la carrière d’Ogier, dont cinq cette saison. C’est déjà une de plus que Loeb en 2011, alors qu’il aurait aussi pu gagner au Mexique, où il est sorti de la route le dimanche sous la pression de son aîné, et en Australie où il est parti à la faute tout seul, comme un grand. Mais avec des si...
Une chose est sûre : le jeune Français revient à trois points de Loeb au classement pilotes, alors qu’il ne reste plus que deux rallyes : la Catalogne dans trois semaines, sur terre vendredi (Loeb ouvrira et balaiera la piste) puis sur asphalte samedi et dimanche, et enfin le pays de Galles en novembre, dans la boue pendant trois jours, face à des pilotes Ford prêts à tout.
Mais cela ne change rien aux objectifs de la marque française, énoncés clairement à Strasbourg par son directeur général Frédéric Banzet : le titre constructeurs et le titre pilotes... pour Sébastien Loeb, qui vient de prolonger son contrat avec la marque aux chevrons.
Ogier a quand même été très applaudi par les invités de Citroën, à son retour sous l’auvent rouge du parc d’assistance de Strasbourg. « En Catalogne, je vais continuer à faire de mon mieux derrière le volant, et on verra bien ce qui se passe. Mais d’abord, je veux prendre des vacances et me relaxer », a-t-il annoncé. Cette 3e journée, soit 40 km chronométrés en six courtes épreuves spéciales, a commencé par un coup d’esbroufe de Sordo, parti en pneus tendres dans le brouillard matinal, avec une seule roue de secours, alors qu’Ogier, plus prudent, est parti en Michelin « hard », avec deux roues de secours. Il n’a pas craqué.
Sordo non plus n’a pas lâché, comme quand il était chez Citroën le fidèle lieutenant de Loeb, pendant cinq saisons riches de 29 podiums personnels et plusieurs titres mondiaux, grâce à lui, mais aucune victoire.
Pour le 4e rallye de la nouvelle épopée Mini en WRC, 40 ans après les victoires au rallye Monte-Carlo, cette 2e place est vraiment un maxirésultat. Le groupe BMW a mis les grands moyens et ça se voit dans les spéciales, pas seulement dans les campagnes de publicité.
La Power Stage, avec ses trois points de bonus, a été remportée par Jari-Matti Latvala (Ford Fiesta RS), qui venait de pointer en retard pour permettre à son coéquipier Mikko Hirvonen de gagner une place au classement final, en passant de la 5e à la 4e place à ses dépens. Le suspense est intact.
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