À Bani Walid, important bastion pro-Kadhafi dans le désert à 170 km au sud-est de Tripoli, les pro-CNT n’ont pas avancé non plus. Selon plusieurs commandants, les nouvelles autorités veulent contrôler Syrte avant d’attaquer Bani Walid. Stationnés depuis près de trois semaines aux abords de cette vaste oasis au relief accidenté, les combattants dénoncent le manque d’encadrement alors que, selon des sources médicales, 40 de leurs camarades sont morts depuis le début de l’offensive. Hier, des pro-Kadhafi ont attaqué des positions pro-CNT à l’ouest de la ville, selon un journaliste, qui a entendu des salves nourries de roquettes et d’artillerie se joindre aux échanges de tirs qui se déroulent en général au sud de l’oasis.
Comme chaque jour depuis plus d’un mois, les deux fronts ont reçu l’appui de l’OTAN, dont les avions ont été entendus pendant la journée.
Frattini à Tripoli
À Tripoli, les nouvelles autorités ont reçu hier la visite du ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, venu s’assurer de la pérennité des liens diplomatiques et économiques entre l’Italie et son ancienne colonie. Le ministre a annoncé que Rome allait bientôt mettre à la disposition du CNT 2,5 milliards d’euros d’avoirs libyens gelés. Il a aussi estimé que le gazoduc Greenstream, qui relie la Libye à l’Italie, pourrait rouvrir fin octobre. Et, signe d’une reprise des liens entre les deux pays, la compagnie aérienne Alitalia a annoncé la reprise le 2 novembre de ses vols réguliers vers la Libye, avec cinq allers-retours par semaines entre les deux capitales.
Confusion sur le sort du porte-parole de Kadhafi
Parallèlement, la confusion régnait après l’annonce jeudi de l’arrestation de Moussa Ibrahim, ancien porte-parole du régime du colonel Mouammar Kadhafi, alors qu’il tentait de fuir Syrte. Le site Internet de la télévision Allibiya (chaîne pro-Kadhafi qui a cessé d’émettre fin août) a démenti cette « rumeur mensongère destinée à détourner l’attention » de l’échec du CNT à Syrte, et un porte-parole du Conseil militaire du CNT a exprimé son scepticisme. Comme Mouammar Kadhafi, Moussa Ibrahim est en fuite depuis la prise par les pro-CNT le 23 août du QG de l’ancien « Guide » libyen dans le quartier de Bab al-Aziziya à Tripoli. Il s’est exprimé depuis à plusieurs reprises pour appeler à la résistance.
(Source : AFP)

