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Moyen Orient et Monde - Yémen

Grande manifestation de l’opposition à Sanaa

Une manifestation d’opposants au président Ali Abdallah Saleh a rassemblé des dizaines de milliers de personnes hier dans la capitale du Yémen, Sanaa, avec, notamment, pour slogan « À mort, à mort ! ». Les manifestants affirment ne plus supporter la pauvreté, la corruption et les désordres dans un pays dans lequel deux habitants sur trois vivent avec moins de deux dollars par jour. « Nous préférons mourir plutôt que de ne pas pouvoir vivre de manière décente et digne », a expliqué l’un des manifestants, Khaled el-Mandi. « Nous ne nous calmerons qu’à l’exécution du boucher », a chanté la foule, encadrée par les soldats de la première division blindée, dirigée par le général dissident Ali Mohsen el-Ahmar, qui a rallié la contestation en mars. Les forces loyalistes ont bloqué la route conduisant à des bâtiments publics, obligeant les protestataires à faire demi-tour et à manifester dans la zone contrôlée par les forces dissidentes.
Le Comité de coordination des jeunes protestataires entend organiser aujourd’hui jeudi, puis vendredi, des marches depuis la place du Changement en direction de Hedda, un quartier du sud de Sanaa où se trouve la résidence du président Saleh, selon un membre du comité, Walid el-Aamari. Pour ces deux marches, le comité a demandé aux militaires dissidents de « ne pas accompagner les manifestants pour qu’elles soient pacifiques, a-t-il ajouté. Nous affronterons Saleh et ses troupes les bras nus ».
D’autres manifestations ont également eu lieu hier dans d’autres villes yéménites, dont Taëz, Houdeida et Ibb, et elles se sont terminées dans le calme, selon des témoins.
L’opposition réclame depuis des mois le départ du pouvoir du chef de l’État, rentré vendredi au Yémen après trois mois de convalescence en Arabie saoudite où il a été soigné après avoir été blessé par un obus tombé sur le palais présidentiel en juin. Le retour du président Saleh, porteur selon son expression de « la colombe de la paix et d’un rameau d’olivier », a provoqué la colère de nombreux Yéménites qui pensaient ne jamais le revoir après son séjour forcé en Arabie saoudite voisine. Bien que les violences aient baissé d’intensité depuis le retour du chef de l’État, la tension reste vive dans le pays où nombreux sont ceux qui redoutent de nouveaux affrontements meurtriers, voire une guerre civile généralisée.
Parallèlement, des hommes de tribus hostiles au président Saleh ont abattu hier matin un avion de combat de l’armée yéménite au nord-est de Sanaa, selon des témoins et des sources tribales. Le pilote de l’avion s’est éjecté et a été capturé par les tribus, d’après une autre source tribale. Un porte-parole militaire, cité par l’agence officielle SABA, a confirmé le crash dans la matinée à Arhab d’un Sukhoï 22, qui était « en mission de routine ». Il a accusé des opposants du régime d’être « responsables de l’incident et de ses conséquences ».
La région d’Arhab a été bombardée à plusieurs reprises ces derniers jours par l’armée de l’air qui soutient les forces fidèles au président Saleh, engagées dans un conflit armé avec les tribus d’Arhab et de Nahem, un village situé à 20 km plus au nord. Mardi soir, trois membres de tribus avaient été tués dans des combats à Nahem, selon des sources tribales. Des tribus de la région se sont ainsi ralliées au mouvement de contestation contre le président yéménite.
Nahem et Arhab font partie d’une série de localités qui commandent l’accès nord à Sanaa et la région abrite au moins cinq bases de la garde républicaine, dirigée par le fils aîné du président yéménite, Ahmad. Le déploiement de la garde républicaine dans les régions au nord de Sanaa empêche le général dissident Ali Mohsen el-Ahmar, commandant de la première division blindée, de faire la jonction entre ses troupes qui contrôlent une partie de Sanaa et celles qui tiennent les régions nord du pays.
(Source : agences)
Une manifestation d’opposants au président Ali Abdallah Saleh a rassemblé des dizaines de milliers de personnes hier dans la capitale du Yémen, Sanaa, avec, notamment, pour slogan « À mort, à mort ! ». Les manifestants affirment ne plus supporter la pauvreté, la corruption et les désordres dans un pays dans lequel deux habitants sur trois vivent avec moins de deux dollars par jour. « Nous préférons mourir plutôt que de ne pas pouvoir vivre de manière décente et digne », a expliqué l’un des manifestants, Khaled el-Mandi. « Nous ne nous calmerons qu’à l’exécution du boucher », a chanté la foule, encadrée par les soldats de la première division blindée, dirigée par le général dissident Ali Mohsen el-Ahmar, qui a rallié la contestation en mars. Les forces loyalistes ont bloqué la route conduisant...
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