Parallèlement, al-Ghad, une alliance des militants sur le terrain formée le 18 septembre, a accusé le pouvoir d’avoir « tué des personnalités scientifiques à Homs, en tentant de répéter le scénario des assassinats » qui avaient été perpétrés en Syrie dans les années 80. Al-Ghad dénonce ces « crimes odieux » et fait porter « la responsabilité du sang syrien qui coule sur un régime (...) qui a échoué à provoquer des dissensions confessionnelles à Homs, mais tente encore une fois de les aiguiser en visant des personnalités scientifiques ». Rappelons que l’adjoint du doyen de la faculté d’architecture de l’université al-Baas à Homs, Mohammad Ali Aqil, et le directeur de l’école militaire de pétrochimie, Naël Dakhil, ont été assassinés lundi par des inconnus.
L’armée a en outre bombardé à l’artillerie lourde Rastan, faisant au moins 20 blessés.
Deux autres personnes ont été abattues à Idleb près de la frontière turque, où de « nombreuses ruines archéologiques ont été touchées par les tirs à Bara », a fait état la Coordination des comités locaux (LCC).
Un neuvième protestataire a trouvé la mort dans la province de Deraa, où 17 personnes ont par ailleurs été arrêtées. Des perquisitions ont également eu lieu dans le village de Tsil dans le mohafazat de Deraa. L’armée y a arrêté 9 personnes.
Des opposants ont en outre indiqué que plus de dix soldats ont fait défection à Talbissé.
À Damas, le quartier de Baraza a été encerclé par les forces de sécurité alors que des avions volaient à basse altitude au-dessus du Hauran. Des arrestations massives ont eu lieu par ailleurs à Deir Foul.
Malgré la répression violente des manifestants, qui va grandissant, des dizaines de lycéens se sont mobilisés pour la chute du régime dans les villes côtières de Jablé et de Lattaquié, et à Deir ez-Zor (où l’armée a investi le Palais de justice avant une grève des avocats), selon des témoins et des habitants. Des rassemblements nocturnes ont été signalés à Deraa, Jassem, Idleb, Homs, Teir Maaleh, Derbasiya ainsi que dans plusieurs villes du Hauran.
Une rébellion armée tournerait à la guerre civile
Dans ce contexte, des experts politiques ont prévenu qu’une militarisation de la révolte, idée véhiculée par une poignée d’opposants au régime, mènerait inéluctablement à une guerre civile. « Pour l’instant, la majorité des manifestants veut que le mouvement reste pacifique, mais après tous ces mois de répression, il y a un risque de militarisation », juge Agnès Levallois, experte du Moyen-Orient. « Le recours aux armes peut absolument mener à une guerre civile. S’il y a militarisation, plus personne ne pourra rien contrôler », prévient-elle. « Le régime fait tout ce qu’il peut pour pousser à l’armement des manifestants. C’est évident que (ce scénario) lui donnera des arguments plus forts pour réprimer encore plus et un avantage évident puisqu’il a plus d’armes », ajoute Mme Levallois, répétant que « la majorité des manifestants ne veut pas tomber dans ce piège ».
Un autre scénario serait une rébellion d’envergure au sein de l’armée. « Les insoumis utiliseraient les armes qui sont en leur possession. Ce sera alors une vraie guerre », souligne de son côté Riad Kahwagi, directeur exécutif d’Inegma (Institution pour l’analyse militaire au Proche-Orient et dans le Golfe).
Nouveau projet de résolution à l’ONU
Parallèlement, pour tenter d’unifier une opposition encore morcelée, le Conseil national syrien, coalition la plus large et la plus représentative des anti-Assad, se réunira les 1er et 2 octobre à Istanbul, a indiqué sa porte-parole, Basma Kodmani. « Nous devons y discuter de la formation de commissions » au sein du Conseil, et « les Frères musulmans y participeront en tant que parti », a-t-elle précisé. Notons que le Conseil national syrien (CNS), créé fin août à Istanbul, est formé de 140 personnalités dont la moitié vivent en Syrie. Le nom de ces opposants de l’intérieur n’est pas connu pour des raisons de sécurité.
Face à une répression de plus en plus violente, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Portugal s’apprêtent à faire circuler au Conseil de sécurité de l’ONU un nouveau projet de résolution qui ne recommande plus l’adoption immédiate de sanctions, a-t-on appris de source diplomatique. Le texte, destiné à débloquer les négociations entre États membres, ne fait que brandir la menace de mesures de rétorsion si l’administration de Bachar el-Assad ne met pas fin à la répression des manifestations antigouvernementales.
Enfin, le gouverneur de la Banque centrale syrienne a affirmé que la réduction des importations permettra à la Syrie d’économiser six milliards de dollars par an. Rappelons que le gouvernement avait annoncé la semaine dernière la suspension temporaire des importations de produits soumis à des taxes douanières supérieures à 5 %, tout en excluant de la liste certains articles essentiels qui ne sont pas fabriqués par l’industrie locale.
(Sources : agences et rédaction)


Est-ce que Homs est dans le Golan occupé, où pour les trois décennies et demie aucune balle n'a été tirée ? Anastase Tsiris
03 h 55, le 28 septembre 2011