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Liban - Éclairage

À mi-mandat, Sleiman n’envisage pas de reconduction

Le président de la République, le général Michel Sleiman, a présenté, à New York, un bilan de ses trois années de pouvoir lors d’un entretien télévisé. Il a fait crépiter l’audimat en se démarquant nettement des pratiques autonépotiques de certains de ses prédécesseurs, du reste largement en honneur dans toute la région. Il a en effet déclaré qu’il refuse d’avance toute idée de reconduction ou de prorogation de son mandat. Affirmant que dans trois ans, le 24 mai précisément, il remettra les clés de Baabda à son successeur. Dans le strict respect de la Constitution et du régime démocratique, qui commandent la passation des pouvoirs au bout du délai fixé.
Le président Sleiman a tenu à rappeler que, jusqu’à nouvel ordre, non encore établi, le Liban reste le seul pays à régime démocratique de la région, Et qu’on y trouve d’anciens présidents de la République, ce qui n’est pas le cas ailleurs.
Il a souhaité que le système soit adopté partout, sans combats ni affrontements. Précisant qu’il s’interdit, quant à lui, de s’immiscer dans les affaires intérieures syriennes. Conformément du reste à l’article 8 de la charte de la Ligue arabe qui enjoint de respecter les systèmes des pays membres et de ne rien entreprendre pour leur nuire en tant que tels.
Comme on sait, le président Sleiman, qui a présidé une séance du Conseil de sécurité, a réaffirmé les constantes nationales. Dont l’engagement à respecter les résolutions de l’ONU. Il a mis l’accent sur les droits gaziers maritimes, en invitant l’ONU à réprimer le vol israélien par l’occupation de zones libanaises au large.
De son côté, le président du Conseil, Nagib Mikati, complète à New York les contacts internationaux du chef de l’État. Il doit rencontrer les chefs de la diplomatie des grandes puissances, États-Unis et Russie en tête. Une démarche qui vise à montrer que son gouvernement n’est pas isolé ou boycotté au-dehors, comme l’opposition locale veut le faire croire. Selon un ministre, la portée de la démarche est de prouver que le cabinet Mikati reste bien ouvert sur tous et qu’il bénéficie de la réciproque de la part de l’Occident... Une façon, en somme, de certifier que Mikati ne dirige pas le gouvernement du Hezbollah, comme le nomment les opposants.
La preuve étant, il faut bien en convenir, que Mikati, loin de se soumettre à un diktat de rejet du TSL, assure que toutes les obligations relatives à cette cour resteront honorées. Le financement à 49 %, pour commencer. Puis, en mars prochain, la reconduction pour trois ans du mandat du TSL.

Geste
D’ailleurs, sans attendre l’un ou l’autre, le président Mikati s’est hâté, en signe de bonne volonté, de proroger l’ordre de mission des juges libanais affectés au tribunal.
Ses proches répètent au sujet du financement que c’est là une dette contractée par les précédents cabinets et que le principe de continuité de pouvoir impose d’honorer. Ils précisent que, dès lors, le versement de la prochaine traite n’a pas besoin d’une décision du Conseil des ministres.
Mikati a désamorcé la polémique, en demandant qu’elle soit retirée de la scène médiatique. Puis en traitant avec le Hezbollah. Ce parti, qui ne souhaite sans doute pas faire imploser un gouvernement dont il profite, accepte de fermer les yeux. Mais en précisant qu’en mars, il fera front pour s’opposer au maintien du TSL. En s’efforçant de faire modifier, ou même annuler le protocole liant le Liban au tribunal.
Des majoritaires soulignent qu’en tout cas, le Hezbollah considère, pour le moment, que le gouvernement est une couverture nécessaire face aux retombées possibles de ce qui ce passe ailleurs, notamment en Syrie. Comme, plus généralement, et plus avant, pour parer les risques découlant d’un printemps arabe, prometteur de démocratie, de liberté et de justice...
L’appui que Mikati est en train de récolter sur le plan extérieur devrait se traduire en aide militaire consistante, lors de la visite que le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, doit effectuer à Washington, à la mi-octobre. À Beyrouth, l’opposition avait laissé entendre que, pour sanctionner une nouvelle majorité où le Hezbollah tient le haut du pavé, l’Occident, Américains et Européens réunis, allait couper les vivres au Liban. Par ses démarches et ses prises de position, le président Mikati a réussi à démentir ces assertions. Il faut également souligner que les USA souhaitent renforcer le rôle de l’armée libanaise, pour qu’elle puisse mieux assumer ses responsabilités de sécurité.
Après le retour à Beyrouth, le gouvernement voudra réactiver les institutions et les services publics par les nominations. Par ricochet, les accords que l’on prévoit à ce sujet devraient faciliter la reprise des travaux du comité national de dialogue. L’opposition, sans le crier sur les toits, est satisfaite de constater que, par ses prises de position, le président Mikati s’affiche comme indépendant. Du Hezbollah et du 8 Mars. Il l’a montré avec l’électricité et avec le financement du TSL.
Cette reprise du dialogue, le président Sleiman s’y est attelé depuis des mois. Il estime que c’est le meilleur bouclier national face aux retombées de l’agitation extérieure. Ainsi que pour arrondir des angles dangereux produit par le clivage 8 Mars-14 Mars. Le président va donc reprendre ses concertations préparatoires. Dans un climat favorable, car tous veulent se retrouver. Il leur répète d’ailleurs que l’État, c’est la conjugaison de leurs efforts, car la responsabilité est partagée. Soulignant que l’immobilisme est en réalité synonyme de recul assuré, pour le pays. À l’heure du printemps arabe, le Liban doit être actif, en harmonie avec l’évolution des temps. D’autant que pays d’ouverture, il reste le lumineux symbole de la première renaissance arabe, au sortir du joug ottoman.
Son système est consensuel, basé sur le culte de la coexistence, comme le patriarche Raï le souligne en appelant, lors de son périple au Sud, à tourner les pages houleuses du passé, pour la coopération participative, dans un esprit de concorde. Et d’amour du Liban.
Le président de la République, le général Michel Sleiman, a présenté, à New York, un bilan de ses trois années de pouvoir lors d’un entretien télévisé. Il a fait crépiter l’audimat en se démarquant nettement des pratiques autonépotiques de certains de ses prédécesseurs, du reste largement en honneur dans toute la région. Il a en effet déclaré qu’il refuse d’avance toute...
commentaires (2)

Il veut éviter d'être là, et à raison, de peur qu'on ouvre, et en son temps, la boîte de Pandore. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

05 h 18, le 27 septembre 2011

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Commentaires (2)

  • Il veut éviter d'être là, et à raison, de peur qu'on ouvre, et en son temps, la boîte de Pandore. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    05 h 18, le 27 septembre 2011

  • - - L'article nous parle du Président de la République , et d'un autre Président " selon l'article " qui serait le PM ! Nous sommes le seul et unique pays au monde , où nos journalistes de plaisent à appeler le PM , Président ! Or , prenons Israël par exemple , où le PM est effectivement Président du Conseil , contrairement à notre constitution de Taef , où le Président de la République Préside toujours le conseil des ministres ,, ce qui n'est pas le cas de son homologue Israélien , mais le PM israélien n'est jamais appelé Président Netanyahou , ou Président Sharon par la presse !! Allons en Angleterre où le PM préside le conseil des ministres , mais on ne l'appelle pas Président , ni en Jordanie , ni au Pakistan ni en Turquie ... etc etc etc .. Alors , pourquoi cette exception à la Libanaise , et quand allons-nous en finir avec cette Troïka et cette hypocrisie de l' après guerre , qui nous empoisonne la vie et qui rend le pays ingouvernable depuis Taef !!!!

    JABBOUR André

    03 h 00, le 27 septembre 2011

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