La Russie risque de perdre six ans avec le retour attendu de Vladimir Poutine à la présidence en 2012 si celui-ci ne réforme pas en profondeur le système politique, a estimé lundi le dernier dirigeant soviétique et père de la Perestroïka Mikhaïl Gorbatchev. "Nous pouvons nous attendre à ce qu'il n'y ait aucune avancée à l'avenir si on ne procède pas à de sérieux changements au niveau de l'ensemble du système" politique, écrit M. Gorbatchev dans le journal Novaïa Gazeta, dont il est actionnaire. "Il me semble que sans cela, nous risquons de perdre six ans. Je pense que le futur président devrait y réfléchir très sérieusement", a-t-il ajouté, soulignant que la Russie était dans une "impasse" et que la situation n'était "pas simple". "Si le futur président ne procède à aucun changement et pense uniquement à conserver le pouvoir (...), ce sera son erreur", prévient M. Gorbatchev.
Le Premier ministre Vladimir Poutine a annoncé samedi son intention de redevenir président après le scrutin de mars 2012, une élection qu'il est quasi assuré de remporter en l'absence de réelle opposition, laminée durant ses deux mandats au Kremlin (2000-2008). Il a précisé qu'il confierait la direction du gouvernement à M. Medvedev, qu'il avait désigné en 2008 pour lui succéder au Kremlin, faute de pouvoir se représenter, selon la Constitution.
En août, M. Gorbatchev avait dénoncé les "tendances autoritaires" de M. Poutine et critiqué son parti, Russie unie, ultra-majoritaire à la chambre basse du Parlement (Douma), estimant qu'il ressemblait à ce qu'était le Parti communiste à l'époque soviétique.


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