« Le fait que le président ait souligné son envie d’une reprise des relations, et en particulier le fait que l’absence de relations est désavantageux pour les deux pays, n’est pas approprié », a réagi Ali Motahari, un influent député ultraconservateur. « L’approche de certains est contraire aux intérêts du régime », a commenté pour sa part Ahmad Tavakoli, autre député conservateur influent, et adversaire virulent, comme M. Motahari, du président Ahmadinejad jugé trop modéré politiquement et trop conciliant à l’égard des Occidentaux. Plusieurs autres responsables ou médias conservateurs ont également critiqué le président, affirmant que la décision d’une reprise éventuelle de discussions ou de relations avec les États-Unis revenait au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et non à M. Ahmadinejad.
Les critiques contre M. Ahmadinejad illustrent également la sensibilité du sujet des relations entre l’Iran et les États-Unis, toujours officiellement considérés par le régime islamique comme le « Grand Satan » source de tous les maux dans le monde. Ce conflit récurrent a été illustré par le bras de fer que se sont livré, la semaine dernière, le gouvernement du président Ahmadinejad et l’autorité judiciaire, dominée par les ultraconservateurs se réclamant du guide, autour de la libération de deux randonneurs américains arrêtés à l’été 2009.
Ces derniers sont arrivés hier à New York, a annoncé une porte-parole des familles. Shane Bauer et Josh Fattal n’ont fait aucune déclaration.
Sur un autre plan, le ministre iranien du Renseignement, Heydar Moslehi, a annoncé la convocation par ses services de « nouveaux éléments liés à la BBC », après l’arrestation la semaine dernière de six cinéastes pour la même raison, selon la télévision d’État. Rappelons que le 17 février, six cinéastes iraniens, dont Mojtaba Mirtahmasb, coréalisateur du dernier film de Jafar Panahi, avaient été arrêtés sous l’accusation d’avoir fourni « des informations et des films noircissant l’image de l’Iran » à la chaîne en persan de la télévision britannique, bête noire des autorités de Téhéran.
(Source : AFP)


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