À l’intérieur du fief kadhafiste, des mercenaires africains menaient des exactions contre la population, selon le témoignage d’un homme ayant fui la ville hier matin, mais qui a refusé de donner son nom par peur de représailles contre sa famille restée dans la ville. L’homme a aussi affirmé avoir vu à deux reprises au cours des trois dernières semaines un des fils de Mouammar Kadhafi, Mouatassim, qui se trouverait, selon lui, dans un centre de commandement situé dans le sous-sol du principal hôpital de la ville. Selon le porte-parole du conseil militaire du CNT à Misrata, Abdel Ibrahim, les combats de samedi ont fait sept morts et 145 blessés parmi les forces du nouveau régime.
Sur le front de Bani Walid, les combattants positionnés à l’entrée de la ville subissaient toujours les tirs de roquettes lancées depuis l’intérieur par les forces pro-Kadhafi. Selon un commandant des forces pro-CNT sur place, Seïf el-Islam serait dans la ville. Et à Ghadames, à 600 km au sud-ouest de Tripoli, au moins huit combattants pro-CNT ont été tués dans une attaque menée par une centaine de partisans pro-Kadhafi, parmi lesquels des mercenaires venus d’Algérie et des Touareg, selon un responsable local et des témoins.
Enfin, les restes de plus de 1 700 prisonniers exécutés en 1996 par leurs geôliers de la prison d’Abou Salim à Tripoli ont été découverts dans un charnier dans la capitale, a annoncé hier le Conseil militaire du CNT.
Le « salut » de Jibril
Sur un autre plan, les nouvelles autorités libyennes contrôlent désormais des « armes prohibées au niveau international » découvertes dans le sud du pays, a annoncé samedi le président du CNT Moustapha Abdeljalil lors d’une conférence de presse à Benghazi. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait confirmé vendredi, suite à des informations de presse, la présence d’un stock de concentré d’uranium (« yellow cake ») près de Sebha, à 750 km au sud de Tripoli.
Au niveau politique, M. Abdeljalil a reconnu que des « divergences de points de vue » entre les membres du CNT et du bureau exécutif avaient reporté à la semaine prochaine l’annonce de la composition du gouvernement de transition. Le Premier ministre de facto du gouvernement intérimaire libyen, Mahmoud Jibril, a salué pour sa part samedi devant l’Assemblée générale des Nations unies la « renaissance » de son pays après la chute de Mouammar Kadhafi. Le chef du comité exécutif du CNT a également demandé aux Nations unies de débloquer tous les fonds libyens gelés pendant la guerre civile.
Dans ce même contexte, les déclarations d’Aïcha Kadhafi, la fille du dirigeant libyen déchu, qui a notamment qualifié vendredi les nouvelles autorités libyennes de traîtres, sont « inacceptables », a déclaré samedi à l’agence APS le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Mdeleci. Il a ensuite ajouté que « des décisions seront prises pour qu’à l’avenir, des comportements de ce type ne puissent plus se reproduire ». Aïcha, ses frères Mohammad et Hannibal, sa mère Safia et de nombreux membres de la famille, surtout des enfants, ont été autorisés fin août à entrer en Algérie pour des « raisons strictement humanitaires », selon Alger.
Quant au Niger, il accueillera bientôt une délégation du CNT pour améliorer la coordination bilatérale face aux problèmes nés de la révolution en Libye. C’est ce qu’a indiqué samedi à New York le ministre des Affaires étrangères nigérien, Mohammad Bazoum.
(Source : agences)


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