La journée de manifestations avait été placée, comme chaque vendredi depuis la mi-mars, sous un nouveau slogan. Cette semaine, les militants appelaient à « l’unité de l’opposition », écrivant sur leur page Facebook : « Oui au Conseil national en phase avec les principes de la révolution. » Le Conseil national, qui a pris sa forme définitive le 15 septembre à Istanbul, est la principale coalition de l’opposition et a été mise sur pied à l’initiative des islamistes, même si elle compte des personnalités indépendantes. D’autres regroupements existent, comme le Conseil national de transition syrienne dirigé par l’universitaire vivant à Paris Burhan Ghalioune. Plus de 10 000 manifestants se sont rassemblés dans quatre localités du gouvernorat de Hassaké, à majorité kurde, et près de 2 000 personnes ont défilé à Deir ez-Zor appelant à la chute du régime avant que les forces de sécurité ne tentent de les disperser. Le mouvement de contestation s’est également fait entendre dans la région de Deraa.
Pour sa part, le Haut-Commissariat de l’ONU aux Droits de l’homme a dénoncé hier la brutalité de la répression exercée par Damas. « Nous sommes extrêmement préoccupés par des informations (...) faisant état d’une répression de plus en plus brutale menée par les autorités syriennes contre les manifestants en Syrie », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani. « D’éminents défenseurs des droits de l’homme, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, auraient été ciblés », a-t-elle ajouté, sans donner de détails. « Nous avons reçu suffisamment d’informations qui justifient que nous soulignions ce qui se passe », a-t-elle dit. Face à l’intensification de la répression sanglante contre les manifestants, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a appelé à une réponse internationale pour alléger la « situation désastreuse » en Syrie. Selon l’ONU, la répression a fait plus de 2 700 morts, et selon l’OSDH, 15 000 personnes sont actuellement détenues.
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a pour sa part dénoncé la répression qui s’exerce, selon lui, aussi dans des écoles contre des enfants. L’ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, a affirmé s’être rendu jeudi auprès de quatre écoles à Damas et dans sa banlieue pour exprimer « sa vive inquiétude » à la suite d’informations faisant état de manifestations lycéennes réprimées.
À Bruxelles, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a annoncé que « compte tenu de la poursuite de la campagne brutale du régime syrien contre sa propre population, l’Union européenne a décidé d’adopter des sanctions supplémentaires ». Ce septième train de sanctions contre le régime Assad interdit notamment d’investir dans le secteur pétrolier, vital pour l’économie du pays, et d’alimenter la Banque centrale en pièces et billets. Les ministres syriens de la Justice et de l’Information sont les deux nouvelles personnes sanctionnées vendredi par l’Union européenne dans le cadre des mesures prises contre le régime de Damas, a indiqué pour sa part le ministère français des Affaires étrangères.
La Suisse a également durci ses sanctions contre Damas, interdisant l’importation, l’achat et le transport de pétrole et de produits pétroliers syriens. L’impact de ces restrictions commence d’ailleurs à se faire sentir alors que le ministre syrien de l’Économie et du Commerce a annoncé hier suspendre l’importation de voitures et de produits de luxe pour « sauvegarder les réserves en devises » de la Syrie.
(Sources : agences et rédaction)


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