Rechercher
Rechercher

Culture - Design

Virée musées à Copenhague...

À Copenhague, le design est littéralement dans la rue. Il n’empêche que, pour retrouver l’ensemble des pièces iconiques des designers cultes des années d’après-guerre, c’est au Musée du design danois qu’il faut se rendre. Parmi le florilège de galeries en tous genres que compte la capitale danoise, la visite du Musée national des beaux-arts s’impose.

Musée du design danois.

COPENHAGUE, de Zéna ZALZAL

 
Installé dans un ancien hôpital du XVIIIe siècle, à la façade majestueuse, le «Kunstindustrimuseet» ou le «Musée danois des arts décoratifs et du design» abrite, dans un décor quelque peu suranné, les pièces iconiques des grands designers danois qui ont révolutionné l’art de vivre en reformulant la conception de l’ameublement à la moitié du XXe siècle.

Jacobsen, Ditzel, Panton et les autres...
On y retrouve les légendaires séries de chaises et fauteuils conçues par Arne Jacobsen (la «Ant», la «Seven», la «Egg», la «Swan»...), les luminaires de Poul Hennigsen (dont «L’artichaut» que l’on peut admirer, d’ailleurs, dans le hall du fameux hôtel SAS de Copenhague aménagé en 1960 par Arne Jacobsen et devenu, depuis, un haut lieu de pèlerinage pour les amateurs de design de passage dans la capitale danoise), la célèbre chaise (Zig-Zag) Panton en plastique moulée d’un seul tenant créée en 1960 par Verner Panton – annonciatrice du design psychédélique et coloré des années soixante-dix –, le mobilier fonctionnel aux lignes pures de Nanna Ditzel, la première femme à s’attaquer au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à la réforme du mode d’ameublement au Danemark et dont le fauteuil suspendu en rotin, conçu en 1957, reste le symbole du farniente au soleil. Les cinéphiles parmi vous auront sans doute remarqué sa présence dans La Piscine, le film qui scella les retrouvailles au cinéma de Romy Schneider et Alain Delon.
Autant de pièces cultes du design, totalement innovantes à l’époque de leur création, devenues, depuis, indémodables et pérennes autant par leur fonctionnalisme que par leur esthétisme. Aujourd’hui considérés comme de grands classiques du design danois, la majorité de ces meubles et objets continuent à être édités.
Ce qui est intéressant dans la visite de ce musée, pour peu qu’on prenne le temps de le visiter de fond en comble, c’est d’essayer de trouver les liens entre le design scandinave du XXe siècle et les objets d’art décoratifs des différentes périodes et civilisations antérieures, présentés dans une succession de salles rejoignant, en fin de parcours, l’aile consacrée au pur design.
À travers diverses collections de porcelaines chinoises et japonaises anciennes, de pièces artisanales du Moyen Âge européen, de faïences françaises et allemandes de l’ère industrielle, de mobilier anglais du XIXe siècle privilégiant déjà l’utilitaire et le fonctionnel à l’ornemental, le Musée du design de Copenhague dresse, d’une part, une sorte de voie évolutive des arts décoratifs menant au design, et met l’accent, d’autre part, sur certaines influences et sources d’inspiration tirées de ces périodes et styles et que l’on retrouve dans le design dit innovateur du XXe siècle.
Pour une vision complémentaire et actualisée de ce design nordique industriel, une visite au Centre du design danois s’impose. Situé en plein centre de Copenhague, sur le boulevard Hans Christian Andersen (auteur des fameux contes pour enfants et éminente figure nationale), cet espace vivant, à l’architecture ultracontemporaine, offre à la fois un lieu de rencontres, de conférences et de débats de projets aux architectes et designers, et des salles d’exposition retraçant, échantillons à l’appui, les grandes lignes et théories du design nordique. Depuis le «design démocratique» des chefs de file (précités) de l’après-guerre à celui écologique, économique et recyclable des designers de la nouvelle génération.

Tour ronde et Musée national
Mais Copenhague ne se limite pas au design. L’art y est aussi présent sous toutes ses formes et dans divers lieux aussi hétéroclites que d’anciens entrepôts, d’antiques tours de clochers (celle de l’église St-Nicolas en plein centre-ville abrite par exemple le centre d’art contemporain Nicolaj) ou encore dans le plus ancien observatoire astronomique d’Europe toujours en activité, celui de la Tour ronde datant de 1642. Aujourd’hui reconvertie en musée-salle d’exposition et de concert, cette antique tour en colimaçon, qui marie l’architecture ancienne à un aménagement moderne... signé Arne Jacobsen, présente dans des vitrines modernes, certaines insérées à même le plancher en bois du sol, des archives savantes et des instruments centenaires d’astronomes.
Parmi les nombreux musées que comptent la capitale danoise et ses environs, à défaut de pouvoir les voir tous, il est conseillé de ne pas rater le «Statens Museum For Kunst» qui est la galerie nationale de peinture et sculpture du Danemark.
Outre la richesse des trois collections permanentes que ce musée possède – réparties entre «Œuvres européennes» (comprenant des Dürer, Rubens, Rembrandt ou encore Le Greco), «Art nordique» et «Peinture française des années 1900 à 1930» –, il offre un très bel exemple de fusion harmonieuse des architectures anciennes (le bâtiment initial date 1896) et modernes (une aile lui a été rajoutée en 1998) et d’aménagement pensé à la fois en termes d’esthétisme et de confort du visiteur.
Ce dernier évolue, à son rythme, dans de larges salles où après avoir pu observer au plus près les détails d’une peinture ou d’une sculpture – les œuvres ne sont pas isolées sous paroi ou derrière un cordon –, il peut s’asseoir sur l’un des larges bancs en bois sombre disposés au milieu de la salle pour admirer de plus loin ses différentes facettes...

Købke, Munch et les fauves...
Dans ce musée où le volet pédagogique est particulièrement soigné – parallèlement à la boutique-bibliothèque et aux espaces dévolus aux expositions d’œuvres contemporaines, un atelier libre mis à disposition des enfants pour les initier de manière ludique aux pratiques artistiques –, la scénographie est étudiée de manière à offrir d’agréables et instructifs parcours aux visiteurs. Ainsi, l’espace dévolu aux arts nordiques, par exemple, raconte, de manière chronologique, avec des incursions de salles thématiques, l’évolution de la peinture danoise. Depuis le recours au XVIIIe siècle à des portraitistes étrangers, français et suédois, pour immortaliser les rois du Danemark en toute majesté, au «vitalisme» des artistes danois de la fin du XIXe et du début du XXe siècle célébrant le culte de la nature, en passant par l’âge d’or de la peinture nordique, dont les deux plus fameux représentants furent Abildgaard, peintre emphatique de scènes mythologiques, et Christen Købke, auteur de paysages romantiques et de scènes de genre d’une magnifique précision de détails, ou encore par la période symbolique dans la représentation de laquelle domine une vision ascétique et tourmentée de la vie, les toiles et sculptures exposées déroulent différents pans de l’histoire sociale danoise. Parmi les pièces à signaler dans ce département une magnifique Conversation du soir du Norvégien Edvard Munch, une œuvre à l’angoisse diffuse, élaborée en 1889 comme un prélude au terrible Cri (1893).
Et puis, aussi étonnant que cela puisse sembler, ce musée nordique possède une très riche collection d’art moderne et fauve français. Des peintures, dessins et céramiques signés Picasso, Braque, Gris, Modigliani Derain et Matisse légués au musée en 1928 par le collectionneur danois, Johannes Rump, grand esthète et ami de ce groupe d’artistes parisiens qui révolutionnèrent la peinture au début du siècle dernier.

COPENHAGUE, de Zéna ZALZAL
 Installé dans un ancien hôpital du XVIIIe siècle, à la façade majestueuse, le «Kunstindustrimuseet» ou le «Musée danois des arts décoratifs et du design» abrite, dans un décor quelque peu suranné, les pièces iconiques des grands designers danois qui ont révolutionné l’art de vivre en reformulant la conception de l’ameublement à la moitié du XXe siècle. Jacobsen, Ditzel, Panton et les autres...On y retrouve les légendaires séries de chaises et fauteuils conçues par Arne Jacobsen (la «Ant», la «Seven», la «Egg», la «Swan»...), les luminaires de Poul Hennigsen (dont «L’artichaut» que l’on peut admirer, d’ailleurs, dans le hall du fameux hôtel SAS de Copenhague aménagé en 1960 par Arne Jacobsen et devenu, depuis, un haut lieu de pèlerinage pour les amateurs de design...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut