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Culture - Spectacle

Parodie pour crises identitaires

« Soura shamsieh » (Photo passeport) de Julien Boutros (écriture et mise en scène) renoue avec le théâtre après la saison des festivals et de l’été au théâtre Tournesol à Tayyouné. Public jeune et universitaire pour une parodie sans consistance des crises identitaires.

Des acteurs qui se lâchent en toute liberté. (Marwan Assaf)

Sur une scène nue, un poste de télé, un poteau à rubans de fête foraine et un tableau noir où des noms sont tracés à la craie. En fond de scène, les rideaux sont tapissés de linge qui sèche. Une vue panoramique de chiffons qui grillent sous les spots. Une vue que Naples et Beyrouth, côté populaire surtout, ne désavouent pas... Et, bien sûr, dans cette garde-robe faite de bric et de broc, ce n’est pas l’habit qui fait le moine.
Sous les feux de la rampe, une brochette de personnages aux traits vaguement brossés. Entre absurde, surréalisme et caricature au gros fusain avance un texte en arabe, bavard, cahotant, se voulant teinté d’humour et parsemé de piques contre notre incorrigible manque de civisme et nos incurables travers de citoyens à l’ego surdimentionné.
Avec des gestes gauches et des palabres qui n’en finissent pas, les acteurs (Nagham Abboud, Hiba Najm, Rachel Salamé, Julien Boutros, Hiba Salamé, Hoda Deabes, Romy Melhem et Jean Youssef) s’en donnent à cœur joie et se lâchent en toute liberté. Surtout de gesticulation.
Saynètes futiles et brouillonnes pour cerner l’essence d’une image humaine et la nature d’une identité. Galerie mouvante d’une demi-douzaine de personnages aux histoires abracadabrantes, tous pris sous l’ombrelle d’un parapluie (ces parapluies que les photographes employaient pour mater la lumière des sujets portraiturés) et jetant en vrac ou en solo leur paquet de mots faussement décousus et parfois même insipides. Personnages plus en quête d’un auteur que donnant réellement vie et chair à un énoncé dramaturgique.
Le meilleur moment est peut-être cette sarabande compassée et loufoque en une grappe humaine excitée par l’arrivée d’un kiosque à photos au cœur d’un bled du bout du monde. Farandole comique où les acteurs, en compact chapelet de rang d’oignons, traversent la scène en une image délirante, amusante et drôle comme la pellicule d’un film muet.
Mise en scène libre, fantaisiste et un peu à tout venant avec tous ces personnages qui glandent ferme quand d’autres, avec des états d’âme bien vagues, soliloquent aux confins du soporifique. La musique, signée Roy Nachef, a des moments enchanteurs, surtout avec ses mélancoliques coulées de piano au rythme imprévisible.
Un travail de jeunes qui a certainement quelques points attachants mais qui, dans l’ensemble, reste immature, surtout du point de vue écriture dramaturgique : même avec des mots simples et des vocables du quotidien on ne s’improvise pas impunément auteur et surtout de l’absurde.
Sur une scène nue, un poste de télé, un poteau à rubans de fête foraine et un tableau noir où des noms sont tracés à la craie. En fond de scène, les rideaux sont tapissés de linge qui sèche. Une vue panoramique de chiffons qui grillent sous les spots. Une vue que Naples et Beyrouth, côté populaire surtout, ne désavouent pas... Et, bien sûr, dans cette garde-robe faite de bric et de broc, ce n’est pas l’habit qui fait le moine.Sous les feux de la rampe, une brochette de personnages aux traits vaguement brossés. Entre absurde, surréalisme et caricature au gros fusain avance un texte en arabe, bavard, cahotant, se voulant teinté d’humour et parsemé de piques contre notre incorrigible manque de civisme et nos incurables travers de citoyens à l’ego surdimentionné. Avec des gestes gauches et des palabres qui n’en...
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