De son côté, la Maison-Blanche a affirmé mercredi que les États-Unis restaient « toujours vigilants » en matière de sécurité à l’approche du dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Il n’en reste pas moins que si le département de la Sécurité intérieure des États-Unis, créé dans la foulée du 11-Septembre, a fait des progrès, il conserve encore des « lacunes et des faiblesses », notamment au niveau de la sécurité des frontières et le contrôle aérien, selon un rapport officiel présenté mercredi par la Cour des comptes américaine (GAO) devant le Congrès.
Commémoration
En ce qui concerne la cérémonie commémorative des attentats du 11-Septembre, le concert et la veillée du souvenir qui devaient avoir lieu dimanche soir à la cathédrale de Washington ont été transférés dans la salle de spectacles du Kennedy Center, la cathédrale étant rendue indisponible à cause d’un accident. Le « Concert pour l’Espoir », un programme de musique, poésie, lectures, pendant lequel le président Barack Obama doit prendre la parole, aura lieu de 19h30 à 21h00 au Kennedy Center, ont annoncé hier les responsables de la cathédrale de Washington, qui ont dû revoir tout leur programme de célébrations.
L’ancien chef des pompiers de New York témoigne...
Dix ans ont passé mais son regard bleu se voile encore quand il parle de « ses hommes » morts en héros dans les attentats du 11-Septembre : chef des pompiers de New York en 2001, Thomas Von Essen reste hanté par cette journée. « Pour moi c’était juste une journée de boulot ordinaire. J’étais en route vers le bureau quand j’ai reçu un appel m’avertissant qu’un petit avion s’était écrasé contre la tour nord du World Trade Center (WTC). J’étais tout près, je suis arrivé très vite. On a immédiatement compris qu’il ne s’agissait pas d’un avion de tourisme », confie ce natif de Brooklyn, à la tignasse blanche et de carrure massive. « Quand on a senti les vibrations dans la tour nord, on a cru à une explosion. En réalité, c’était le deuxième avion qui frappait la tour sud. C’est là qu’on a compris qu’on était attaqués », raconte le sexagénaire. « À ce moment-là, mon collègue Ray Downey, le chef des opérations spéciales, s’est tourné vers moi en disant : “Boss, ces bâtiments risquent de tomber”. Je me souviendrai toujours de son regard : pas de trace de peur, juste du professionnalisme. »
Il ne le reverra jamais. Le maire de New York, Rudolph Giuliani, ordonne à Thomas Von Essen de le rejoindre pour gérer la crise. Il quitte Ground Zero tandis que des centaines de pompiers se sont déjà élancés dans les étages des deux tours, hautes de 110 étages, pour secourir les blessés et aider à évacuer les lieux. 343 d’entre eux disparaîtront sous les décombres.
C’est le début d’une longue série d’enterrements, de cérémonies funèbres, de lettres de condoléances à signer. « Pendant deux mois, ça a été de pire en pire », se souvient-il en évoquant « cette mère qui a perdu son fils et son mari » secouristes, ou « ce capitaine des pompiers qui a perdu ses deux enfants » dans l’attentat. « Au-delà de cette journée tragique, c’est la gestion de l’après qui a été la plus douloureuse. » Bouleversé, Thomas Von Essen finit par raccrocher après 31 ans de service chez les pompiers de New York et suit M. Giuliani dans le privé. Il est aujourd’hui consultant en sécurité pour une grande entreprise américaine.
(Source : AFP)

