Même si la France occupe toujours la première place du groupe D devant la Bosnie, le jeu des Bleus soulève encore des interrogations. Le sélectionneur Blanc doit aussi se soucier de l’ambiance peu sereine qui règne au sein de son groupe et qui pourrait affecter le rendement de l’équipe.Daniel Mihailescu/AFP
À deux matches du terme des qualifications, la France est toujours première du groupe D, mais son sélectionneur va devoir troquer son beau costume du mois d’août 2010 pour enfiler le bleu de chauffe.
Car l’enchaînement semble lui avoir fait prendre conscience que son équipe avait une marge de manœuvre réduite, à la fois dans son expression et dans ses résultats.
Est-ce cela qui l’a rendu pour la première fois publiquement nerveux et agacé dans l’entre-deux matches, refusant de commenter individuellement les prestations de ses joueurs pour ne pas avoir à « créer de problèmes là où il n’y en a pas » ?
Après une belle année pédagogique passée à convaincre, Laurent Blanc, disponible et ouvert depuis son arrivée, a également décidé cet été, selon ses proches, de se faire plus rare.
À Bordeaux, où il a commencé en 2007 à apprendre le métier d’entraîneur, il avait agi de même.
Le match de son équipe mardi a rappelé que le technicien de 45 ans n’avait pas une expérience démesurée. Lui qui avait prédit une Roumanie offensive avait bâti une équipe joueuse pour la contrecarrer. Peine perdue, puisque son adversaire s’est cantonné dans son propre camp.
Vendredi, en plein marasme contre l’Albanie, il s’était limité à un seul changement, et cela a provoqué des questionnements parmi les techniciens français.
Mais le « mal » qui guette le plus le sélectionneur vient peut-être de l’intérieur même de son équipe : des joueurs semblent ne pas avoir totalement renoncé à certains comportements coupables rappelant le Mondial 2010. Comment juger ainsi autrement ce qui se trame au milieu entre un Ribéry qui fait campagne pour jouer à gauche alors qu’il n’est plus le joueur de 2006, un Malouda qui vit mal l’exil forcé à droite qui en découle, et surtout un Nasri défaillant qui s’autorise à répondre à un sélectionneur lui demandant publiquement d’en faire plus ?
« En interne, il n’y a aucun problème. Ça reste fragile, car ce sont les résultats qui conditionnent tout. Ce seront les victoires qui permettront de garder notre stabilité », a déclaré le gardien Hugo Lloris.
En écartant mardi l’ex-Gunner et le gaucher de Chelsea, Blanc, qui a également choisi de se passer de son capitaine Diarra au rendement sportif insuffisant, a peut-être gagné du temps et repris la main dans une guerre larvée des ego qui aurait pu à terme le fragiliser.
Conséquence directe de cette situation, un nouveau front s’est ouvert devant un sélectionneur déjà échaudé par l’affaire des quotas au printemps.
« Quelques joueurs ont commencé à s’interroger, entre eux, sur l’influence de Jean-Pierre Bernès dans la maison bleue », écrivait ainsi mardi L’Équipe. Selon Libération, Malouda, qui n’a pas Bernès pour agent, contrairement au sélectionneur, Ribéry, Nasri et une pelletée d’autres Bleus, s’en serait même ouvert directement.
En sous-entendant un hypothétique conflit d’intérêts, le quotidien sportif ne lance sûrement pas de la meilleure des façons le double affrontement décisif d’octobre qui décidera de la suite du parcours des Bleus.
Ce coup-là, Blanc ne l’avait sûrement pas vu venir. S’il n’y a pas de grand sélectionneur qui n’ait expérimenté un moment ou l’autre la critique, Laurent Blanc n’a pas de souci à se faire : il va être servi.


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