Des accrochages entre plusieurs dizaines de partisans et adversaires de l’ancien président se sont déroulés près du lieu du procès, avant l’arrivée de l’ancien chef d’État. Les pro-Moubarak scandaient « Nous ne t’abandonnerons pas », tandis que ses adversaires lançaient « Châtiment, châtiment, on a tué nos enfants avec des balles ». Des heurts ont également eu lieu entre la police antiémeute et des membres de familles de victimes qui ont tenté de forcer l’entrée de l’école de police où siège le tribunal pénal chargé de juger M. Moubarak. Une douzaine de personnes ont été légèrement blessées dans ces incidents, et la police a procédé à une vingtaine d’interpellations, selon l’agence officielle MENA. Dans la salle l’ambiance a été aussi parfois houleuse, avec notamment une vive altercation avec des représentants des victimes après qu’un avocat de la défense eut brandi une photo de M. Moubarak.
Cette troisième audience cherchait à définir les responsabilités dans les meurtres de manifestants lors de la révolte de janvier-février qui a forcé M. Moubarak à la démission le 11 février. Le responsable des services de communication des forces antiémeute, Hussein Saïd Mursi, a déclaré à la barre qu’il avait entendu des gradés de la police mentionner l’usage d’armes automatiques contre les manifestants. « J’ai entendu dire par des officiers que ces armes ont été utilisées », a-t-il ajouté. Mais il n’a pas fait état de responsabilité précise, affirmant ne pas être au courant d’instructions formelles d’ouvrir le feu. Une responsabilité de M. Moubarak, si elle est démontrée, pourrait être passible de la peine de mort.
La répression de la révolte a fait officiellement près de 850 morts au total. La grande majorité des violences est imputée à la police et aux hommes de main du parti présidentiel.
L’ancien président, également accusé d’enrichissement illégal, est jugé en même temps que ses deux fils Ala’ et Gamal, ainsi que l’ancien ministre de l’Intérieur Habib el-Adli. Ce procès est suivi avec avidité par les Égyptiens, après des décennies marquées par l’impunité pour les dirigeants du pays.
Parallèlement, l’armée cessera de juger des civils devant des tribunaux militaires dès la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 1981, a annoncé hier l’un des membres du Conseil suprême des forces armées, au pouvoir. D’après les défenseurs des droits de l’homme, l’armée a emprisonné jusqu’à 14 000 civils via les tribunaux militaires pour tenter de contenir les manifestants réclamant une accélération du processus de transition après la chute de M. Moubarak. Les généraux qualifient ces jugements par des tribunaux militaires de mesure provisoire, mais nécessaire, pour éviter à l’Égypte de sombrer dans le chaos.
(Source : agences)


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