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Culture - Concert

Duel entre alto et clavier à fleurets mouchetés

Musique de chambre pour un avant-goût de la rentrée musicale à l’Assembly Hall (AUB) sous le signe de la jeunesse.

Ribal Molaeb au violon, accompagné au piano par Celine Hjeily et Janine Mouawad.      (Hassan ASSAL)

Programme entre baroque et romantisme pour un vibrant archet (Ribal Molaeb aux dix-neuf printemps, membre déjà de l’orchestre « Diwan » que dirige Daniel Barnboïm ) et un clavier servi avec zèle par deux jeunes pianistes qui se sont relayées derrière les touches d’ivoire (Celine Hjeily et Janine Mouawad, âgées respectivement de 25 et 21 ans).
Les mélomanes, pour cette première manifestation de la saison, étaient au rendez-vous avec une belle et talentueuse jeunesse, admirable de ferveur devant une expression artistique pacifique et universelle. Pour l’occasion, menu riche et varié incluant des pages de J.-S. Bach, Michael Glinka, Franz Schubert et Ernst Bloch.
Public relativement fourni et composé surtout de jeunes pour trois musiciens encore sous la férule des professeurs et de l’enseignement. Trois interprètes mordus au cœur très jeune par la musique et tous trois ayant en commun une formation académique au Conservatoire national supérieur de musique de Beyrouth. Et tous trois vêtus de noir pour être sous les feux de la rampe.
Chemise et pantalon noirs, queue de cheval au ras de la nuque pour des cheveux longs à mi-dos pour Ribal Molaeb, qui entame en toute assurance les premières mesures de la Sonate n° 3 pour viole de gambe de J.-S. Bach. Douce narration finement dentelée du Cantor où brillent l’esprit, la ferveur et l’humanisme de la Renaissance. On serait tenté de reproduire ici une phrase de Debussy pour cerner l’essence de la musique du génie d’Esenach : « Dans la musique de Bach, ce n’est pas le caractère de la mélodie qui émeut, c’est sa courbe. »
Pour prendre le relais, un opus au souffle profondément russe de Michael Glinka. Une Sonate aux premières cadences annoncées par un piano aux coulées à la fois élégiaques et passionnées. Un monde sonore respirant à la fois les influences étrangères au pays de la datcha, et le souffle impétueux et tourmenté de la terre des steppes. Une combinaison attachante qui donne aux œuvres du compositeur de Rousslan et Loudmilla une saveur et une couleur particulières.
Troisième étape avec le magnifique et somptueux Arpegione de Frantz Schubert aux tonalités d’un romantisme certes dru et ombrageux, mais qui ne manque ni de lumière ni d’espace vers une rêverie sans retenue et encore moins le sens d’une narration impétueuse dans sa passion fougueuse et indomptée. Une œuvre au chant profond et divinement mélodieux qui, comme toute l’inspiration du père des « lied », est un compromis entre sourire et larme, entre légèreté et gravité, entre élan et retenue, entre liberté et mesure.
Pour le mot de la conclusion, un compositeur américain d’origine suisse natif de Genève. D’Ernst Bloch, on écoute une Suite pour alto où des phrases d’un néoromantisme se juxtaposent habilement aux images sonores d’un néoclassicisme qui ne manque pas d’audace et d’originalité avec ses nombreux clins d’œil à la musique moderne. Avec même, par-delà certains accents mélancoliques ou tendus, de subtils appels d’un monde oriental où les notes fusent et scintillent comme un feu d’artifice sous les grappes de notes jaillies brusquement d’un horizon qu’on croirait levantin.
Révérence et sourire des jeunes musiciens sous une pluie serrée d’applaudissements d’un public qui les a écoutés avec un absolu recueillement. Voilà une jeunesse dont l’enthousiasme et la dévotion pour la musique sont au-dessus de tout éloge et passent même pour contagieux...
Programme entre baroque et romantisme pour un vibrant archet (Ribal Molaeb aux dix-neuf printemps, membre déjà de l’orchestre « Diwan » que dirige Daniel Barnboïm ) et un clavier servi avec zèle par deux jeunes pianistes qui se sont relayées derrière les touches d’ivoire (Celine Hjeily et Janine Mouawad, âgées respectivement de 25 et 21 ans).Les mélomanes, pour cette première manifestation de la saison, étaient au rendez-vous avec une belle et talentueuse jeunesse, admirable de ferveur devant une expression artistique pacifique et universelle. Pour l’occasion, menu riche et varié incluant des pages de J.-S. Bach, Michael Glinka, Franz Schubert et Ernst Bloch. Public relativement fourni et composé surtout de jeunes pour trois musiciens encore sous la férule des professeurs et de l’enseignement. Trois interprètes...
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