Photo souvenir des designers lauréats des cinq prix du Index Award 2011 lors de la cérémonie officielle à l’opéra de Copenhague.
La Semaine du design international, instaurée en 2009 et dont c’est la seconde édition, se tient cette année du 1er au 6 septembre. Pour l’occasion, Copenhague la discrète a revêtu ses habits de cérémonie. Outre les espaces d’exposition disséminés aux quatre coins de la ville, aussi bien dans les galeries et les showrooms que dans les théâtres, les hangars ou même sur les quais du port, elle accueille des architectes, designers et chercheurs venus participer aux discussions, conférences et présentations abordant le thème « Think Human » ou « Pensez à l’être humain ». Ce thème – qui s’inscrit dans la tradition « démocratique » du design danois profitant à une large proportion de la population – est également le sceau distinctif des Index Awards, remis pendant ce Salon.
Créé suite à une initiative d’une ONG danoise en 2005 et financé par le gouvernement danois, à raison de 500 000 euros distribués entre les 5 lauréats des 5 catégories récompensées (Body, Home, Work, Play & Leisure et Community), le Index Award est certainement le plus important prix de design par son montant. Mais son importance tient également dans son objectif non traditionnel. « Le Index Award ne récompense pas uniquement ce qui est esthétique, mais également ce qui améliore substantiellement la vie des gens », indique Kigge Hvid, la directrice de ce prix, qui veut mettre en lumière « l’importance du design dans la résolution de problèmes liés à certains grands défis du monde contemporain, comme les changements climatiques, la pollution, les catastrophes naturelles, la solitude, les soins aux personnes âgées, la pauvreté, la surconsommation... ».
En somme, la mission du designer va au-delà du dessin d’une chaise pour répondre à une demande sociétale. À ce titre, « le Index Award est destiné aux projets qui ne s’adressent pas aux industriels, mais qui sont destinés fondamentalement au bien-être des personnes. En d’autres termes, il n’élit pas des objets selon des paramètres de qualité, de matériaux, de formes et de couleurs, mais récompense des prototypes et des projets qui pourraient avoir un impact positif sur le développement économique, social et environnemental d’un groupement humain, qu’il soit dans un pays développé ou en voie de développement », insiste encore Kigge Hvid.
Cet esprit de design à but humaniste semble faire des émules. Ainsi, sur près de 1 000 candidatures en provenance de 78 pays, le jury du Prix Index (composé d’architectes, de designers, de curateurs et de critiques renommés, dont Paola Antonelli du MoMa de New York et le professeur John Heskett de Hong Kong Polytechnic) a sélectionné 60 finalistes, avant de choisir les cinq lauréats des cinq catégories subdivisant ce prix.
Lequel leur a été décerné au cours d’une cérémonie officielle tenue dans le nouvel opéra de Copenhague sous le patronage du prince héritier du Danemark.
Un design pour une vie meilleure
Ainsi, dans la catégorie « Corps », l’Index est revenu au designer suisse Yves Behar pour le projet « Mieux voir pour mieux apprendre » (VerBien). Il s’agit d’une collection de lunettes personnalisables, malléables et colorées, produites au Mexique pour un faible coût de 10 dollars la paire, verres et monture compris, pour le compte du gouvernement mexicain, dans l’objectif de combattre l’illettrisme des enfants issus de milieux défavorisés qui ont des problèmes de vue.
Dans la catégorie « Habitation », l’Index est revenu à un trio d’architectes chiliens (Alejandro Aravena, Fernando García-Huidobro et Gonzalo Arteaga) pour « Elementary », un projet révolutionnaire de logement social, également commandité par la ville de Mexico et basé sur une conception valorisée du sens de la propriété et d’une aide gouvernementale pour la construction de la moitié d’une maison sur un emplacement géographique « agréable à vivre ».
Dans la catégorie « Travail », c’est le « Design for Change » en Inde de Kiran Bir Sethi et Pranay Desai qui a été récompensé. Un projet de design qui donne aux enfants, à travers des concours lancés dans les écoles, l’occasion d’exprimer leurs propres idées pour un monde meilleur et de les mettre en action.
Dans la catégorie « Loisirs », ce sont Anna Haupt et Terese Alstin qui forment le duo suédois gagnant pour la conception d’une sorte de foulard gonflable dissimulant un airbag pour protéger la tête des cyclistes en cas de choc brutal. Porté autour du cou, il remplacerait avantageusement le casque, souvent négligé par les adultes pour des raisons liées à l’apparence ridicule qu’il peut donner ou à l’aplatissement de la coiffure.
Enfin, dans la catégorie « Communautaire », le prix est revenu au gouvernement de Séoul, en Corée du Sud, pour son approche globale et cohérente de l’aménagement urbain visant à faciliter, sécuriser et rendre plus plaisante la vie des citoyens de cette métropole.
Pourrait-on un jour espérer la même implication de la part des responsables libanais envers le bien-être de leurs citoyens ? Les exemples sont là et le rêve est toujours permis !


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