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Culture - Cimaises

La flamme picturale déchiffrée en morse

Une toile, intitulée « La galerie du Louvre », trônera en guest star, durant un an, sur les cimaises de la National Gallery of Art à Washington. Elle pourrait être signée en code : 2 tirets (pour M). 3 tirets (pour O). 1point, 1 tiret, 1 point (pour R). 3 points (pour S). 1 point (pour E)... À la manière de l’inventeur de ce code, également doublé d’un peintre : Samuel Morse.

La galerie du Louvre de Morse : guest star de la National Gallery of Art.

Cette toile intitulée La galerie du Louvre a fait date dans la carrière de Samuel Morse (1791-1872) qui, avant de mettre au point le code de transmission portant son nom, s’était lancé en plein dans la vie artistique. En novembre 1829, alors âgé de 38 ans, il avait quitté New York pour Paris, afin de se faire un nom comme « peintre historique ». Auparavant, il avait percé comme portraitiste mais il pensait que seul Paris pourrait parfaire son talent. Arrivé là, il ne quitte plus le Louvre. Perché sur un échafaud qu’il avait monté lui-même, il effectuait des études d’une quarantaine de toiles accrochées au musée : des paysages, des scènes religieuses, des portrait, dont Monna Lisa, et des œuvres du Titien, de Véronèse et de Rubens. Puis, il réunit le tout sur un canevas de 3 x 2 mètres qu’il intitule La galerie du Louvre, fruit de trois ans d’études et de réalisation.
Nous sommes en 1832. Il réembarque avec sa toile pour New York pour faire admirer à ses compatriotes les merveilles du Louvre. Mais son musée imaginaire n’eut pas le succès escompté, et son espoir de célébrité et de fortune s’est brisé. Sa galerie du Louvre ne s’est vendue qu’à 1 300 dollars alors qu’il en demandait 2 500. N’ayant pas atteint son but principal (susciter l’intérêt pour l’art européen), il se remet à contrecœur à faire des portraits pour gagner sa vie. Sans pour cela altérer son talent. Et l’on considère qu’il a signé certains des portraits les plus beaux jamais faits par un artiste américain. Il combinait la compétence technique et l’interprétation audacieuse de son caractère à ses sujets avec une touche de romantisme.
Suivra une seconde grande déception : il ne sera pas choisi, comme il le souhaitait, pour réaliser un panneau destiné à décorer le Capitole, d’autant qu’il s’était engagé dans une politique antiémigration, contraire à celle de l’État. Cette fois, il range totalement pinceaux et chevalet et écrit à son ami l’écrivain James Fenimore Cooper : « La peinture a été une maîtresse pleine de charme pour beaucoup, mais elle a été cruelle pour moi, je ne l’ai pas abandonnée, c’est elle qui m’a abandonné. »

La déception mère de toute invention
En plein désarroi, il se remémore une idée qui lui avait traversé l’esprit à l’issue de son premier séjour parisien. À savoir, qu’un signal pourrait être envoyé en ouvrant et fermant un circuit électrique, et que l’appareil récepteur pourrait intercepter le signal à travers des points et des traits que l’on codifierait. La déception est mère de toute invention. Il a commencé à construire cette machinerie avec de menus objets : des roues d’horloges, des leviers, une batterie, des cylindres en papier, etc. Jusqu’au moment où il a collaboré avec deux partenaires, Leonard Gale, professeur de science à l’Université de New York, et Alfred Lewis Vail, expert en réalisation pratique, qui concrétisera l’idée de construction d’un télégraphe.
Au début, Morse a du mal à convaincre ses concitoyens des avantages de ce système. Et ce n’est qu’en 1844, après une spectaculaire expérience de liaison directe entre Washington et Baltimore, que son invention est lancée. Comme Paris est toujours pour lui l’imprimatur suprême, il s’y rend pour présenter son invention. Là aussi, il lui faudra patienter avant d’avoir l’aval de l’Académie des sciences qui finira par l’accueillir ainsi, avec ces mots : « extraordinaire », « très bien » « très admirable ». Dans la Ville lumière, il rencontrera aussi Louis Daguerre, cet auteur-peintre qui s’était tourné vers l’invention. Et Morse sera le premier en Amérique à parler de daguerréotype, dans une interview publiée par le New York Observer en avril 1839. Il fera même plus en œuvrant pour que Daguerre soit nommé membre honoraire de la National Academy, la première distinction octroyée au père de la photographie hors de France.
Cette toile intitulée La galerie du Louvre a fait date dans la carrière de Samuel Morse (1791-1872) qui, avant de mettre au point le code de transmission portant son nom, s’était lancé en plein dans la vie artistique. En novembre 1829, alors âgé de 38 ans, il avait quitté New York pour Paris, afin de se faire un nom comme « peintre historique ». Auparavant, il avait percé comme portraitiste mais il pensait que seul Paris pourrait parfaire son talent. Arrivé là, il ne quitte plus le Louvre. Perché sur un échafaud qu’il avait monté lui-même, il effectuait des études d’une quarantaine de toiles accrochées au musée : des paysages, des scènes religieuses, des portrait, dont Monna Lisa, et des œuvres du Titien, de Véronèse et de Rubens. Puis, il réunit le tout sur un canevas de 3 x 2 mètres qu’il intitule La...
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