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Liban

Oubliant Saïda, le mufti Kabbani se rend à Marjeyoun

Les relations entre le courant du Futur et Dar el-Fatwa semblent troublées par les récentes prises de position du mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani. Ce dernier avait en effet reçu une délégation du Hezbollah à une date coïncidant avec la parution de l’acte d’accusation, avant de recevoir l’ambassadeur de Syrie Ali Abdel Karim Ali et l’ambassadeur d’Iran Ghadanfar Rokn Abadi. Aujourd’hui même, le mufti entame une visite à Marjeyoun, au Liban-Sud, sans avoir prévu de s’arrêter à Saïda.
« Personne ne s’oppose à ce que le mufti de la République, quelle que soit la personne à ce poste, entretienne de bonnes relations avec des parties locales ou régionales, dans le cadre du respect », a précisé hier le membre du bureau politique du courant du Futur, Rached Fayed. Néanmoins, « le timing a une grande signification », a-t-il ajouté, rappelant que « nous sommes conscients des positions de ces trois parties (le Hezbollah, la Syrie et l’Iran) à l’égard du Tribunal spécial pour le Liban et de l’assassinat de Rafic Hariri (...), ce qui trahit une certaine anomalie dans ces visites ».
En somme, M. Fayed a reconnu l’existence de « reproches à l’égard du mufti après ses dernières prises de position », avant de donner l’assurance que « tout ceci sera réglé à l’amiable ». Il a toutefois précisé que « n’était-ce sa position de mufti, notre comportement avec cheikh Kabbani aurait été différent, mais c’est sa position qui l’oblige à s’ouvrir à la vision de sa confession et à l’exprimer ». Or, a estimé M. Fayed, le mufti paraît prendre ses distances à l’égard du courant du Futur, auquel il doit pourtant, a-t-il rappelé, la stabilité effective de sa position, qu’un scandale financier avait momentanément remis en question.
« Au cas où le mufti n’est pas mal intentionné (à l’encontre du courant du Futur), ses visiteurs, eux, le sont, ce qui signifierait, plus gravement, qu’il a été impliqué dans ces visites sans en réaliser toute la signification », a renchéri M. Fayed. Soulignant que l’attachement à la justice et au TSL fait partie des « constantes » exprimées par le mufti Kabbani dans son sermon du Fitr, qui a rejoint par là le discours du mufti de Tripoli et du Nord, Malek Chaar, le responsable du courant du Futur a toutefois relevé que « les propos de ce dernier sont plus clairs et plus francs ». C’est pourquoi M. Fayed a conclu à « une différence de vision entre le mufti et le courant du Futur, et cette déduction ne paraît pas fondée sur une erreur d’appréciation ».
Il reste que le député du bloc du Futur Assem Araji a démenti « les rumeurs selon lesquelles le courant du Futur boycotterait le mufti de la République ». Ainsi, l’absence de parlementaires du Futur à la prière du Fitr « n’est pas forcément intentionnelle », a précisé M. Araji. Estimant que les dernières visites à Dar el-Fatwa s’inscrivent dans le cadre d’une « politique d’ouverture à toutes les parties, et rien de plus », le député a appelé cheikh Kabbani à « maintenir les constantes islamiques nationales qu’il a déclarées lors de la nomination du Premier ministre Nagib Mikati ». Tenant des propos plus souples que M. Fayed, le député Araji a enfin assuré : « Nous sommes en bons termes avec le mufti, pour lequel nous avons du respect et de l’appréciation. »
Les relations entre le courant du Futur et Dar el-Fatwa semblent troublées par les récentes prises de position du mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani. Ce dernier avait en effet reçu une délégation du Hezbollah à une date coïncidant avec la parution de l’acte d’accusation, avant de recevoir l’ambassadeur de Syrie Ali Abdel Karim Ali et l’ambassadeur d’Iran Ghadanfar Rokn Abadi. Aujourd’hui même, le mufti entame une visite à Marjeyoun, au Liban-Sud, sans avoir prévu de s’arrêter à Saïda. « Personne ne s’oppose à ce que le mufti de la République, quelle que soit la personne à ce poste, entretienne de bonnes relations avec des parties locales ou régionales, dans le cadre du respect », a précisé hier le membre du bureau politique du courant du Futur, Rached Fayed. Néanmoins, « le...
commentaires (1)

Il faut être très naif pour ne pas voir dans ce zèle soudain et bien "timisé" du Hezbollah, de l'ambassadeur de Syrie et de celui de l'Iran, envers la plus haute autorité religieuse sunnite, le souci flagrant de diviser cette communauté, comme ils l'ont fait et le poursuivent sans relâche sur le plan politique en montant pratiquement le clan/courant Mikati contre le clan/courant Hariri.

Salim Rouas

03 h 50, le 02 septembre 2011

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Commentaires (1)

  • Il faut être très naif pour ne pas voir dans ce zèle soudain et bien "timisé" du Hezbollah, de l'ambassadeur de Syrie et de celui de l'Iran, envers la plus haute autorité religieuse sunnite, le souci flagrant de diviser cette communauté, comme ils l'ont fait et le poursuivent sans relâche sur le plan politique en montant pratiquement le clan/courant Mikati contre le clan/courant Hariri.

    Salim Rouas

    03 h 50, le 02 septembre 2011

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