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Liban - Hommage

Berry : La résistance n’est pas un sujet à débattre

À l’occasion du trente-troisième anniversaire de la disparition du fondateur du mouvement Amal, l’imam Moussa Sadr, et alors que le régime responsable de cette disparition est pratiquement tombé et que l’on pourrait enfin connaître les détails de ce rapt, le président de la Chambre Nabih Berry a prononcé un discours à Baalbeck, dans lequel il a réaffirmé l’attachement d’Amal à l’accord de Taëf et aux armes de la résistance, considérées selon lui comme un sujet qui ne doit pas faire l’objet d’un débat.

Pour le président de la Chambre, l’affaire dite des faux témoins est issue de la révolution du Cèdre. Ahmad Shalha/Reuters

Sous le thème : « La liberté pour l’imam de la patrie et de la résistance », le mouvement Amal a organisé mercredi, à Baalbeck, un large rassemblement en hommage à Moussa Sadr, en présence de représentants officiels et de notables de la région. Le président de la Chambre, Nabih Berry, a commencé son discours en rendant un vibrant hommage à l’imam Sadr qu’il a qualifié « de pont pour la coexistence et de lien entre le passé et le futur ». Il a rappelé les positions visionnaires de l’imam qui a toujours voulu rapprocher les différentes religions , qui a combattu l’implantation des Palestiniens, sauvant ainsi la cause palestinienne, et qui a « empêché que le Liban soit livré à l’ennemi, en l’invitant à compter sur lui-même et sur ses propres forces ». M. Berry a salué la chute du régime libyen tout en demandant à celui qui se met en place de lever enfin le voile sur la disparition de l’imam. Il a réclamé dans ce cadre une nomination rapide d’un nouveau président du Conseil supérieur de la magistrature (qui est aussi de facto le président de la Cour de justice) pour qu’il puisse poursuivre l’action en justice lancée dans l’affaire de la disparition de l’imam.
Sur le plan interne, Berry a réaffirmé son attachement aux armes de la résistance, d’autant, a-t-il dit, que « les précédents régimes avaient laissé tomber le Sud, le laissant faible devant les ambitions et les visées israéliennes ». « Ces régimes avaient, selon lui, loué le Sud sous le couvert de l’accord du Caire, voulant le marginaliser et satisfaire par la même occasion le système arabe en place qui se contentait de payer de l’argent pour écarter le danger palestinien ». M. Berry a insisté sur le fait que « les régimes précédant l’accord de Taëf n’avaient pas construit une armée, ni exécuté un seul projet de développement au Sud, dans la Békaa et au Akkar, où le courant électrique est arrivé parce qu’il ne pouvait pas faire autrement... L’État avait donc démissionné de sa mission au Sud, en faisant de cette région une proie idéale pour Israël et il a renoncé à sa mission de défense et de protection », a déclaré M. Berry.
Le leader d’Amal a estimé par conséquent qu’il était de son droit de « (se) tenir aux côtés des États qui résistent à Israël ». Il a ensuite demandé : « La résistance est-elle ou non en train de respecter la résolution 1701 conformément à la position officielle de l’État ? Est-elle en train de s’immiscer dans la mission de l’armée et son rôle dans le cadre de la résolution 1701 ? » Il s’est aussi interrogé sur la garantie de « l’arrêt des agressions israéliennes et des assassinats israéliens à l’intérieur ». Il a déclaré qu’il est de son droit et de celui de son camp de « réclamer un engagement national sur le fait de considérer Israël comme l’ennemi du Liban ». Il a ensuite demandé pourquoi la zone nord du village de Ghajar n’a pas encore été libérée. Il a aussi relevé le fait que nul n’est en train de songer à indemniser le Liban pour les agressions israéliennes subies depuis les années soixante-dix.
M. Berry s’est aussi enquis de l’opération d’équipement de l’armée. À cet égard, il a affirmé que « l’armée est une ligne rouge et que le fait de s’en prendre à elle, de près ou de loin, est inacceptable ». Il a ajouté dans ce cadre qu’il ne s’engagera à respecter aucune décision en dehors de la stratégie de défense. Et d’ajouter : « En attendant que nous nous entendions sur une stratégie de défense, nous resterons attachés à l’équation armée-peuple-résistance, et nous attendons de certaines parties et forces qu’elles remplissent leur rôle politique dans la défense du Liban. Nous ne livrerons pas nos têtes à l’ennemi. » M. Berry a estimé qu’Amal est « la tête et l’origine de la résistance », et en tant que tel, il affirme que « le projet de la résistance n’est pas un sujet à débattre puisqu’elle est le résultat de l’agression qui se poursuit contre le peuple, la terre, l’eau et désormais contre notre pétrole ».
M. Berry a en outre exprimé son attachement à la relance du dialogue national, assurant que le refus d’un tel dialogue ferme encore plus les portes entre les Libanais. Cet appel au dialogue, Berry le situe sous le plafond de l’accord de Taëf qu’il considère comme un contrat social valable. Il a toutefois précisé qu’il ne s’agit pas « d’un engagement en faveur du confessionnalisme car l’avenir du Liban est dans une loi électorale qui lui permette de se tourner vers l’avenir ».
M. Berry a ensuite évoqué le concept de la majorité, précisant qu’elle est constituée par « la grande majorité des Libanais qui veulent la stabilité, le renforcement de l’économie, la création d’emplois, la consolidation de l’agriculture et de l’industrie ». Selon lui, « les intérêts de cette immense majorité sont les mêmes, et la justice et la stabilité ne se réalisent qu’à travers l’unité ».
Il a rappelé qu’il s’est engagé dans la voie du dialogue pour éviter « une réédition du paysage de l’exclusion, de la marginalisation, du retournement contre la Constitution et de l’adoption de la voie des faux témoins pour assassiner la vérité au lieu de l’atteindre ». Selon lui, le Parlement a donné une leçon d’unité nationale en adoptant la loi sur les ressources pétrolières. Ce qui montre bien que la force réside dans l’unité. M. Berry a encore affirmé qu’il compte œuvrer pour l’application de l’accord de Taëf, notamment la création de la commission nationale pour l’abolition du confessionnalisme, et pour l’adoption d’une loi électorale sur la base de la proportionnelle, en espérant qu’elle puisse faire l’unanimité. Il a aussi salué l’appel du patriarche maronite Mgr Béchara Raï en faveur de la participation et de l’amour entre les Libanais, appuyant l’appel du dernier synode des Églises d’Orient qui a invité les chrétiens du monde arabe à rester sur leur terre et à continuer à remplir leur rôle de civilisation en faveur de la paix et des musulmans eux-mêmes.
Le président de la Chambre a aussi évoqué le dossier syrien, exprimant son appui au régime, « dont la disparition pourrait placer la région face à un nouvel accord Sykes-Picot ». Il a tiré la sonnette d’alarme sur le fait qu’une éventuelle partition de la Syrie constituera une menace pour le Liban, l’Irak et la Turquie. Il a accusé certaines parties libanaises de s’impliquer dans le complot étranger contre la Syrie, déplorant l’utilisation des moyens médiatiques de ces parties contre la Syrie et l’Iran. Il a ainsi estimé que le fait de s’intégrer dans des complots étrangers constitue « une fuite face aux échéances nationales ». Il a aussi précisé qu’il n’existe pas de « tente au-dessus d’un régime arabe quel qu’il soit », rappelant que la révolution du Cèdre, qui se déclare aujourd’hui à l’origine des révolutions arabes, était en train de coordonner son action avec Hosni Moubarak avant sa chute. Il a exprimé son appui au dialogue en Syrie en vue de réaliser les aspirations démocratiques du peuple syrien, mais il a rejeté avec force toute intervention étrangère en Syrie visant au contrôle de ce pays.
Sous le thème : « La liberté pour l’imam de la patrie et de la résistance », le mouvement Amal a organisé mercredi, à Baalbeck, un large rassemblement en hommage à Moussa Sadr, en présence de représentants officiels et de notables de la région. Le président de la Chambre, Nabih Berry, a commencé son discours en rendant un vibrant hommage à l’imam Sadr qu’il a qualifié « de pont pour la coexistence et de lien entre le passé et le futur ». Il a rappelé les positions visionnaires de l’imam qui a toujours voulu rapprocher les différentes religions , qui a combattu l’implantation des Palestiniens, sauvant ainsi la cause palestinienne, et qui a « empêché que le Liban soit livré à l’ennemi, en l’invitant à compter sur lui-même et sur ses propres forces ». M. Berry a salué la chute du régime...
commentaires (6)

Monsieur Berry, tout doit être à débattre, dans un dialogue national, mêmes nos titres, et à convaincre si possible. Car, le DIALOGUE est l'UNIQUE issue possible. Le soliloque attirera la catastrophe. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

07 h 42, le 03 septembre 2011

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Commentaires (6)

  • Monsieur Berry, tout doit être à débattre, dans un dialogue national, mêmes nos titres, et à convaincre si possible. Car, le DIALOGUE est l'UNIQUE issue possible. Le soliloque attirera la catastrophe. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    07 h 42, le 03 septembre 2011

  • Je n'ai pas lu cet article mais juste le titre. Si la résitance n'est plus un sujet de débat, pourquoi ne pas l'inscrire dans la constitution ou ce qui en fait office. Il faudra alors préciser qui résiste, contre quoi et comment on résiste. Car personnellement je n'ai pas en ma possession le mode d'emploi du bon résistant Libanais

    Michel ASSAD

    12 h 30, le 02 septembre 2011

  • Mr berri a bien raison il ne faut plus parler des armes de hezb ,il faut agir et trouver rapidement comment terminer avec ces armes qui sont utilisées contre les libanais du nord au sud et de l'est a l'ouest . j'espere qu'on trouve Moussa sadr tres rapidement et en bonne santé ,car c'est le seul homme qui saura comment traiter les armes de hezb et non Mr Berri

    dib antoine

    05 h 55, le 02 septembre 2011

  • Excellent discours Mr Berry, saurons nous un jour comment l'Imam Moussa Sadr a disparu ? vous devriez venir un peu plus souvent aussi le dire du coté de Khyam et votre discours dans ce qui fut la prison honnie de ce village n'en aurait que plus de portée. Youssef Chahine

    chahine youssef

    04 h 16, le 02 septembre 2011

  • Les Catégories qui ont contrôlé l’Etat depuis 1975, l’ont pillé à travers son endettement via le Déficit Budgétaire, devenu l'objet de leurs spéculations et "la Source" principale de leur Enrichissement reproduit exponentiellement par cette tromperie éhontée, non point par la Production, mais par l'Escamotage du Budget de l’Etat ! C’est par ce Pillage, grâce à ce Régime Siamois syro-libanais, que l'assouvissement de leurs convoitises se déchaîna car, c'est là où "la jouissance devient crapuleuse" que la richesse provenant du Jeu de la Spéculation cherche sa satisfaction ! Avec ce Mode de Gain comme "source de jouissances", ce n'était plus que la résurrection du "Vagabondage spéculatif" dans les rouages de l’Etat ! C’est par ce Pillage que "ces Vagabonds spéculateurs" bien Repus étaient soustraits à tout contrôle, et pillaient cet Etat en l’Endettant, Escroquant par ce fait le reste de la population. Ils dissimulaient derrière ce régime siamois "leur Vagabondage spéculatif" sur le dos du Budget de l’Etat et donc, sur le budget de chaque Libanais ! Le Régime Syrien, avec sa grosse part dans ce "Vol", a pu calmer durant cette longue période le mécontentement de sa population ! Mais, Grâce à la disparition de cette Consistante et Grasse Manne Libanaise après leur Expulsion, les Libanais voient Enfin se réaliser leur espérance en une révolte Tant Attendue de la population syrienne, étant donné cet énorme Manque à Gagner subi malgré tout par elle ; tout de même !

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    01 h 31, le 02 septembre 2011

  • En lisant cet article sur l'occasion de la disparition de l'Imam Moussa Sadr, comment M. Berry peut-il être attaché à l'accord du Taëf et aux armes de la résistance ? dois-je rappeler que l'accord du Taëf indique le désarmement de toutes les milices ? ensuite, M. Berry a estimé qu’Amal est « la tête et l’origine de la résistance »... la résistance contre qui ? Moussa Sadr lui-même a su comment combattre l'implantation des Palestiniens, dois-je le rappeler et a refusé l'usage par la force contre les chrétiens de l'Est. En cette occasion, je me vois solidaire avec le mouvement Amal concernant le dossier de l'Imam Moussa Sadr.

    Elie KHOUEIRY

    20 h 29, le 01 septembre 2011

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