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Moyen Orient et Monde - Conflit

Kadhafi : Si la Libye brûle, qu’elle brûle !

Le Premier ministre du gouvernement déchu se rallie au nouveau pouvoir intérimaire.
Mouammar Kadhafi, qui n’a plus été vu en public depuis la prise de Tripoli par les insurgés libyens, a appelé hier ses partisans à poursuivre le combat. « Même si vous n’entendez pas ma voix, poursuivez la résistance », a déclaré le colonel dans un enregistrement retransmis à la date anniversaire du coup d’État qui l’a porté au pouvoir le 1er septembre 1969. « Nous ne nous rendrons pas. Nous ne sommes pas des femmes et nous allons poursuivre le combat », a-t-il lancé. Si les rebelles « veulent une longue bataille, qu’elle soit longue. Si la Libye brûle, qui pourra la gouverner ? Qu’elle brûle », a-t-il ajouté. M. Kadhafi a en outre fait état de « divergences entre l’alliance de l’agression (l’OTAN) et ses agents (les rebelles) ». « Ce discours est désespéré et misérable. La révolution a gagné et la plus grande preuve en a été la présence de plus d’un million de personnes lors de la prière de l’Aïd sur la place » verte mercredi, a réagi le ministre de l’Intérieur du Conseil national de transition (CNT), Ahmad Darrat. Le vice-président du CNT, Abdel Hafiz Ghoga, a déclaré que M. Kadhafi pourrait se trouver à Bani Walid, une localité située au sud-est de Tripoli, mais que ces informations n’ont pas été confirmées. Les rebelles ont également cité Syrte, région d’origine du colonel toujours aux mains des pro-Kadhafi, parmi les possibles refuges de l’ex-leader. Selon le journal algérien el-Watan, le dirigeant libyen déchu se trouverait dans la ville de Ghadamès, à la frontière de l’Algérie, qui a accueilli une partie de sa famille, et il aurait vainement demandé au président Abdelaziz Bouteflika de l’accueillir.

Saadi prêt à se rendre
Mercredi soir, un des fils du colonel, Seif al-Islam, disant se trouver dans une banlieue de Tripoli, a appelé, dans un message diffusé par Arrai, à « résister » face aux rebelles et affirmé que son père se portait bien. Mais un autre fils de l’ex-homme fort libyen, Saadi, même s’il est considéré comme beaucoup moins influent sur la scène politique, a en revanche affirmé être prêt à se rendre pour arrêter « l’effusion de sang », témoignant d’une division au sein du clan Kadhafi. Il a précisé parler en son nom.
Par ailleurs, plusieurs hauts dirigeants du régime déchu se seraient réfugiés en Algérie et en Égypte, a rapporté hier la chaîne de télévision émiratie al-Arabiya, citant le CNT. En outre, le Premier ministre du gouvernement déchu, al-Baghdadi Ali al-Mahmoudi, a annoncé hier son ralliement au nouveau pouvoir intérimaire libyen. L’intéressé, qui a précisé se trouver toujours en Libye, a annoncé la nouvelle sur la chaîne al-Arabiya. Mercredi, les rebelles avaient arrêté le ministre des Affaires étrangères de M. Kadhafi, Abdelati al-Obeidi, a annoncé le vice-président du Conseil militaire des insurgés, Mehdi Harati, sans donner plus de détails.

L’ultimatum repoussé
Sur le terrain, des rumeurs circulaient ces derniers jours à Tripoli sur de possibles attaques des loyalistes, notamment avec des voitures piégées, pour le jour anniversaire du coup d’État de Kadhafi ayant renversé le roi Idriss, en 1969. Toutefois, hier, la situation semblait calme.
Sur le front, le CNT a repoussé d’une semaine, jusqu’au 10 septembre, l’ultimatum lancé aux soldats et partisans de M. Kadhafi, notamment ceux qui défendent sa ville natale, Syrte. Le CNT leur laisse ce délai pour déposer les armes, faute de quoi l’assaut sera lancé contre leurs positions. Le ministre de la Défense des rebelles s’est ainsi déplacé hier sur le front est de Syrte en vue d’une reddition pacifique de la ville. « Il n’y aura pas d’attaque sur Syrte pour le moment. Nous poursuivons nos efforts pour négocier et entrer pacifiquement dans la ville », a assuré Jalal al-Deghili. Mercredi, l’OTAN a mené des raids aériens contre des batteries lance-roquettes près de Syrte. L’Alliance a également visé un dépôt de munitions et un centre de commandement près de Bani Walid, a annoncé un porte-parole à Bruxelles. Sur la route proche de la côte, les rebelles, qui s’étaient avancés ces derniers jours jusqu’à Abou Graïn (80 km à l’ouest de Syrte), ont reçu l’ordre de se replier jusqu’à al-Sadaada (environ 150 km à l’ouest de Syrte), ont-ils indiqué.
(Sources : agences)
Mouammar Kadhafi, qui n’a plus été vu en public depuis la prise de Tripoli par les insurgés libyens, a appelé hier ses partisans à poursuivre le combat. « Même si vous n’entendez pas ma voix, poursuivez la résistance », a déclaré le colonel dans un enregistrement retransmis à la date anniversaire du coup d’État qui l’a porté au pouvoir le 1er septembre 1969. « Nous ne nous rendrons pas. Nous ne sommes pas des femmes et nous allons poursuivre le combat », a-t-il lancé. Si les rebelles « veulent une longue bataille, qu’elle soit longue. Si la Libye brûle, qui pourra la gouverner ? Qu’elle brûle », a-t-il ajouté. M. Kadhafi a en outre fait état de « divergences entre l’alliance de l’agression (l’OTAN) et ses agents (les rebelles) ». « Ce discours est désespéré et misérable. La...
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