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Moyen Orient et Monde - Révolte

L’opposition de l’intérieur menace de recourir aux armes

La répression fait encore quatre morts ; le président signe une nouvelle loi sur les médias n’autorisant qu’une « liberté d’expression responsable ».
Alors que les manifestations, de nuit comme de jour, continuent de rassembler des milliers de Syriens à travers le pays, la répression ne faiblissait pas. Hier, deux personnes ont été tuées et neuf autres blessées lorsque des unités des forces de sécurité et de l’armée syriennes ont fait une incursion dans la localité de Khan Cheikhoun, près d’Idleb (Nord-Ouest), a déclaré Rami Abdel Rahmane, président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), en évoquant un bilan provisoire.
Pour sa part, l’agence SANA a affirmé dans sa version que les gardiens de la Banque agricole dans cette ville avaient tué deux membres d’une « bande terroriste armée » et en ont blessé deux alors qu’ils cherchaient à cambrioler l’établissement.
Par ailleurs, un manifestant a été tué lors d’une manifestation dimanche à Inkhel (Sud), selon l’OSDH. Dans cette ville ont eu lieu aussi les funérailles de Mohammad Sultan el-Farwan, 14 ans, mortellement blessé il y a deux semaines. Dans la ville d’Abou Kamal, un quatrième manifestant est tombé hier sous les balles des forces de l’ordre.
À Sanamein, plus de 10 000 personnes ont manifesté hier soir en dépit des tirs nourris de l’armée syrienne, a rapporté la chaîne al-Arabiya. Des manifestations nocturnes ont également eu lieu à Homs, Deraa, Hama, Kfar Chams, Amouda et Lattaquié, ainsi que dans la localité de Andane, à Alep, malgré la forte présence sécuritaire déployée dans la ville. Al-Arabiya a également annoncé que les forces de l’ordre syriennes ont empêché les fidèles de prier dans la mosquée al-Rifaï, à Damas.
Face à la répression menée par le régime baassiste, le président du « Conseil révolutionnaire de coordination », Mohammad Rahhal, a indiqué hier que les manifestants « pourraient s’armer et avoir recours très bientôt à la fermeté contre les forces de Bachar el-Assad ». « Nous avons décidé d’armer les révolutionnaires très prochainement parce que nous faisons face à un complot international qui ne peut être résolu que par la force », a-t-il déclaré au quotidien saoudien Asharq al-Awsat.
Parallèlement, sur les pages de l’opposition sur Facebook, des appels se sont multipliés, affirmant « le caractère pacifique de la révolution syrienne ». « Face à la poursuite de la répression sanglante et l’incapacité de la communauté internationale d’arrêter le bain de sang en Syrie, nous réaffirmons notre engagement à garder cette révolution pacifique », peut-on lire dans un commentaire publié sur la page Facebook « FNN ».

Un émissaire russe aujourd’hui à Damas
Sur un autre plan, le président syrien a signé hier une loi sur les médias, dans le cadre des réformes qu’il a annoncées pour juguler la contestation contre son régime. Selon Élias Mrad, président de l’Union des journalistes syriens, elle supprime les peines de prison auparavant prévues pour les journalistes reconnus coupables d’avoir attaqué « le prestige et la dignité de l’État, l’unité nationale et le moral de l’armée, l’économie et la monnaie nationales ». Toutefois, la nouvelle loi n’autorise qu’une « liberté d’expression responsable », ce qui signifie, selon un analyste cité par le mensuel anglophone Syria Today, que « la liberté sera conditionnelle ». En pratique, les journalistes pourront être condamnés à des amendes allant jusqu’à 21 000 dollars pour diffamation.
Par ailleurs, sur le plan diplomatique, Moscou a annoncé l’envoi aujourd’hui à Damas d’un émissaire, vraisemblablement le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, pour proposer à Assad un plan de sortie de crise.
(Sources : agences et rédaction)
Alors que les manifestations, de nuit comme de jour, continuent de rassembler des milliers de Syriens à travers le pays, la répression ne faiblissait pas. Hier, deux personnes ont été tuées et neuf autres blessées lorsque des unités des forces de sécurité et de l’armée syriennes ont fait une incursion dans la localité de Khan Cheikhoun, près d’Idleb (Nord-Ouest), a déclaré Rami Abdel Rahmane, président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), en évoquant un bilan provisoire.Pour sa part, l’agence SANA a affirmé dans sa version que les gardiens de la Banque agricole dans cette ville avaient tué deux membres d’une « bande terroriste armée » et en ont blessé deux alors qu’ils cherchaient à cambrioler l’établissement.Par ailleurs, un manifestant a été tué lors d’une manifestation...
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