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Moyen Orient et Monde - Conflit

Les rebelles libyens prennent Syrte en étau

Calme à Tripoli ; efforts diplomatiques occidentaux et arabes pour aider à la reconstruction.

À Tripoli, calme hier, la vie reprend timidement un cours normal. Les habitants font la queue devant les boulangeries et autres magasins qui ont commencé à rouvrir et sont achalandés. Les coupures d’eau et d’électricité restent cependant un souci. Youssef Boudlal/Reuters

Les rebelles libyens ont signé hier une avancée majeure vers Syrte. Après une série de victoires samedi dans l’Ouest, les rebelles ont annoncé hier la chute sur le front est de Ben Jawad, à 140 km à l’est de Syrte, verrou qu’ils n’avaient jamais réussi à dépasser lors des multiples fluctuations du front au début du conflit. Fief de M. Kadhafi, qui est né dans cette région et pourrait y avoir trouvé refuge, Syrte est désormais prise en étau entre des forces rebelles venues de Benghazi à l’est et de Misrata à l’ouest, positionnées désormais respectivement à 100 et 30 km de la ville. Des négociations sont en cours avec les leaders tribaux de Syrte en vue d’une reddition de la ville, selon diverses sources. Mais un porte-parole des rebelles a prévenu qu’elles ne dureraient pas éternellement et que, faute d’un accord rapide, la situation serait réglée par les armes, espérant prendre la ville en 10 jours.
Dans l’Ouest, les rebelles sont tombés dans un piège tendu par les pro-Kadhafi dans la localité de Ragdaline, à une soixantaine de km à l’est de la frontière tunisienne. Tout l’après-midi, les forces loyalistes tiraient des obus de mortier, des roquettes et à la mitrailleuse lourde, tandis que les rebelles, également visés par des tireurs embusqués, répliquaient au canon et à la mitrailleuse lourde. Des unités de combattants se préparaient dans le même temps à partir vers le désert du Sud, afin de couper la route de l’Algérie aux pro-Kadhafi en fuite. Et d’autres rebelles visaient Bani Walid, à une centaine de km au sud-est de Tripoli, localité réputée très fidèle au « Guide », et dont un convoi de 60 à 80 véhicules des forces loyalistes en fuite a pris la direction samedi.
À Benghazi, le colonel Ahmad Omar Bani, porte-parole militaire de la rébellion, a annoncé hier que les rebelles avaient libéré plus de 10 000 détenus des prisons du régime depuis la prise de Tripoli, mais que près de 50 000 « personnes arrêtées ces derniers mois » étaient toujours manquantes. Il a exprimé son inquiétude sur leur sort alors que « beaucoup d’habitants de Tripoli découvrent en ce moment des fosses communes autour des anciens centres de détention et de la prison Abou Slim ». Une cinquantaine de squelettes carbonisés, des prisonniers probablement victimes d’un massacre mardi, avaient ainsi été découverts samedi lors de la prise de la dernière base militaire encore aux mains des forces loyalistes. « Nous espérons que Kadhafi est toujours en Libye pour que nous puissions débarrasser le monde de cet insecte », a déclaré le colonel Bani. Les rebelles ont par ailleurs indiqué qu’un de ses fils, Khamis Kadhafi, dont la mort a été annoncée à plusieurs reprises depuis le début du conflit sans jamais être confirmée, pourrait avoir été tué samedi lors d’un accrochage avec des pro-Kadhafi.
Une semaine après leur entrée dans Tripoli, les rebelles, désormais maîtres de la ville, ont commencé à remettre la capitale en état de marche. Des policiers officiaient à certains carrefours et les magasins qui ont commencé à rouvrir étaient achalandés. Les coupures d’eau et d’électricité restaient cependant un souci. La ville était calme hier, après une nuit émaillée d’incidents – explosions isolées et rafales d’armes automatiques – dans différents quartiers. Les rebelles assurent également que l’aéroport et la zone environnante ont été sécurisés.
Pendant ce temps, les pays qui ont soutenu les rebelles pendant six mois de combats déployaient des efforts diplomatiques tous azimuts pour aider à la reconstruction, avec en point d’orgue une conférence jeudi à Paris. Au Caire, la Ligue arabe a demandé à l’ONU de débloquer « les fonds, les avoirs et les biens revenant à l’État libyen », et de permettre au Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, d’occuper le siège de la Libye dans ses diverses instances.
(Source : AFP)
Les rebelles libyens ont signé hier une avancée majeure vers Syrte. Après une série de victoires samedi dans l’Ouest, les rebelles ont annoncé hier la chute sur le front est de Ben Jawad, à 140 km à l’est de Syrte, verrou qu’ils n’avaient jamais réussi à dépasser lors des multiples fluctuations du front au début du conflit. Fief de M. Kadhafi, qui est né dans cette région et pourrait y avoir trouvé refuge, Syrte est désormais prise en étau entre des forces rebelles venues de Benghazi à l’est et de Misrata à l’ouest, positionnées désormais respectivement à 100 et 30 km de la ville. Des négociations sont en cours avec les leaders tribaux de Syrte en vue d’une reddition de la ville, selon diverses sources. Mais un porte-parole des rebelles a prévenu qu’elles ne dureraient pas éternellement et que,...
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