Des enfants jouent dans la piscine de la maison de Aïcha Kadhafi, la fille du dirigeant déchu, à Tripoli. Youssef Boudlal/Reuters
Couronnement politique de plus de six mois de combats acharnés, les rebelles ont installé leur gouvernement à Tripoli, même si des poches de résistance des pro-Kadhafi subsistent près d’une semaine après l’entrée des rebelles dans la capitale. Le « gouvernement » des rebelles, le bureau exécutif du Conseil national de transition (CNT), jusqu’alors installé à Benghazi, a été transféré à Tripoli, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi Ali Tahouni, son vice-président. Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, suivra dès que la situation sécuritaire le permettra. Dans la capitale, la situation est restée très calme la majeure partie de la journée. Dans le sud de la ville, les insurgés ont arraché les drapeaux du régime à l’entrée du quartier loyaliste d’Abou Salim.
M. Tahouni a aussi assuré que les rebelles mettraient la main sur M. Kadhafi, pour lequel le CNT a offert une récompense de 1,7 million de dollars, mort ou vif. Mais le colonel Kadhafi restait introuvable et les rebelles le soupçonnent d’avoir trouvé refuge à Syrte. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme a lancé une mise en garde contre les chasseurs de prime, cherchant à tuer M. Kadhafi, en déclarant que « les assassinats ne font pas partie des règles de droit ».
Pour sa part, Amnesty International a appelé à l’arrêt des tortures et mauvais traitements, pratiqués selon les témoignages recueillis tant du côté des rebelles que parmi les forces loyalistes. L’organisation a aussi fait état de l’exécution sommaire de « nombreux prisonniers ». Selon le chef des opérations militaires de la rébellion à Tripoli, des gardes ont tué à la grenade plus de 150 prisonniers avant de s’enfuir de Bab al-Aziziya. La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a appelé les rebelles à se montrer fermes face à la « violence extrémiste » et estimé que les prochaines semaines seront « critiques ».
Entre-temps, les rebelles sont à la recherche urgente de ressources financières. Mahmoud Jibril, le chef de l’exécutif du CNT, l’organe politique de la rébellion, a déclaré hier que la survie de la nouvelle administration dépendait du déblocage des avoirs libyens gelés. Jeudi, le Conseil de sécurité de l’ONU a débloqué 1,5 milliard de dollars d’avoirs libyens gelés pour financer une aide d’urgence à la reconstruction du pays. L’Union européenne, elle, a appelé à la prudence dans le déblocage des avoirs libyens gelés, en estimant qu’il fallait s’assurer que les partisans du régime n’en bénéficient pas.
Contrairement aux dizaines de pays qui ont récemment reconnu le CNT, le président sud-africain, Jacob Zuma, s’exprimant au nom de l’Union africaine (UA), a déclaré hier que le CNT ne représentait pas encore le pouvoir « légitime » car les combats se poursuivaient. L’UA a ainsi appelé à la formation d’un « gouvernement de transition incluant toutes les parties », dans un communiqué qui ne faisait pas mention du CNT, alors qu’une grande partie de pays africains ont déjà reconnu le CNT à titre individuel. La France a annoncé qu’elle allait rouvrir « rapidement » son ambassade à Tripoli.
(Source : agences)


le problème n'est pas en Kadafi lui même , mais dans l’interventionnisme occidental qui manipule même les chats pour s'accaparer des richesses des peuples.
10 h 01, le 27 août 2011