Le perchiste Renaud Lavillenie, dernier Français à avoir rejoint le club des 17 athlètes ayant réussi à franchir la barre des six mètres à la perche. Champion d’Europe, il tentera une nouvelle fois de passer cette hauteur lors des championnats du monde d’athlétisme à Daegu, en Corée du Sud, où il sera notamment confronté à l’Australien Steven Hooker, champion du monde et champion olympique en titre. Alessandro Bianchi/Reuters
Les qualifications pour la perche, pour lesquelles les trois Français sont concernés, débutent à 01h40 GMT.
Avec 6,01 m en plein air en juillet 2009 et 6,03 m en salle en mars dernier, Renaud Lavillenie est le dernier Français à être entré dans « ce cercle fermé, très prestigieux ».
À la veille des championnats du monde, où il est attendu à cette hauteur, motivé par son duel avec l’Australien Steven Hooker, champion du monde et champion olympique en titre, le champion d’Europe témoigne. « Pour démystifier cette barre, je m’amuse à la tenter souvent. Ainsi, j’augmente mes chances de la passer », dit-il.
Steven Hooker a, lui, franchi cinq fois cette barre mythique. Son record en plein air est à six mètres, en salle à 6,06 m.
Aux derniers championnats d’Europe en salle à Bercy en mars, sous les yeux de Sergueï Bubka, qui passa 44 fois cette barre pour signer un record en salle à 6,15 m et en plein air à 6,14 m, Renaud Lavillenie avait, crânement, « sans pourtant avoir la bonne perche dure sous le coude », tenté une barre à 6,16 m.
« Si haut, tout se joue au centimètre près où il faut être adroit comme un chat, tout au feeling dans l’esquive de la barre », explique le Français.
Ni à l’entraînement ni en compétition cette barre des six mètres n’a été franchie par Romain Mesnil, en seize ans de carrière, Le vice-champion du monde de 2007 et 2009 l’a pourtant tentée trois fois en compétition.
« Pour réussir à sauter si haut, il faut impérativement additionner les paramètres suivants : choisir la perche adéquate, dure bien sûr, courir vite, ne pas avoir de vent de face, bien se placer au décollage, bien renverser dans les temps, puis rester longtemps en l’air », énumère-t-il. « Bref, il ne faut surtout pas compter sur un coup de bol pour réussir cet exploit. »
Vice-champion d’Europe en salle à Bercy en mars 2011, Jérôme Clavier n’a « jamais tenté une seule fois en compétition » cette barre. Son record personnel est de 5,81 m en plein air.
À l’entraînement, où les perchistes utilisent en général un élastique plutôt qu’une barre, moins traumatique, ses essais sont également restés vains.
« Mais j’en rêve toutes les nuits et, souvent, au ralenti ! Je m’y vois vraiment souvent. Si un jour j’arrive à les passer, je serai tellement content que je m’élancerai pour un tour de piste complet au risque d’avaler le 400 m en moins de 40 secondes », prévient le Tourangeau.
Dans sa carrière, Jean Galfione, qui fut champion olympique en 1996 à Atlanta, a franchi les six mètres une seule et unique fois, lors des championnats du monde en salle en 1999.
« Le saut était pourri, mais j’ai effacé la barre uniquement grâce à ma détermination. En fait, dans ma carrière, j’ai bien plus souvent rêvé gagner que franchir six mètres. Quoi qu’il arrive, passer cette barre demeure toujours un véritable exploit. »
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